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Konya

Au petit matin, nous avons l’agréable surprise de prendre notre petit dèj au dernier étage de l’hôtel de Seydisehir, d’où la vue sur les environs est magnifique, avec par endroits de la brume. 

Nous nous lançons pour cette troisième et dernière étape coriace, 95 km et 900 m de dénivelé pour atteindre Konya.

Les paysages sont toujours aussi sublimes, mais plus arides que les jours précédents. On ne croise ni ne voit que très peu d’habitations.

Alors que nous nous arrêtons pour casser la croûte sur une mini aire au bord de la route (il y a très souvent une mosquée dans ces endroits, parfois en dur, parfois en tout petit préfabriqué, c’est plutôt rigolo), nous sommes rejoints par un routier, qui nous invite à boire le thé. Puis en arrive un 2e, avec exactement le même camion : c’est son frère, ils font la route ensemble. Ils ouvrent une espèce de coffre sur le côté du camion, en sortent des tabourets, et tout leur nécessaire de cuisine. Et c’est parti pour une omelette et des légumes, qu’ils nous invitent à partager avec eux. Trop sympa !!

A plusieurs reprises ils nous proposent de mettre Steven dans le camion et de nous emmener en Cappadoce puisque c’est aussi là qu’ils se rendent… Mais on tient bon, nous continuerons à coups de pédales !

Après cette belle rencontre, nous repartons de plus belle. Mais juste avant de partir, un autre monsieur descend de sa voiture et nous donne un tupperware rempli de feuilletés au fromage faits maisons ! Décidément, quelle générosité ces turcs ❤

Au fur et à mesure que la ville de Konya se rapproche, on voit une espèce de nuage. S’agit-il de poussière ou de pollution ? Probablement les deux !

La ville est immense, avec beaucoup de circulation, l’arrivée n’est pas évidente. On la traverse jusqu’à l’adresse de notre hôtel : en plein centre, au milieu d’un immense marché/bazar, il y a plein d’agitation dans tous les sens. On se dit qu’on ne serait probablement jamais entré dans cet hôtel si on était passé devant ^^ Mais au final, dès qu’on y entre, c’est beaucoup plus calme, et plutôt pas mal ! De notre chambre on a une super vue sur la mosquée Aziziye (bon ça sera moins super pour nos oreilles demain à l’aube !).

Le temps de prendre une douche et de se reposer, nous voilà prêts pour partir à la recherche d’un resto. Quelle surprise en sortant de l’hôtel ! Il doit être 18h30, il fait nuit, et il n’y a plus un chat sur cette grande place animée, toutes les boutiques sont closes !! Sacré changement d’ambiance ! On marche, on marche, et franchement, on ne trouve rien pour manger ou boire, et très peu de gens dans les rues ! Sensation plutôt étrange. Heureusement qu’on a boulotté les feuilletés que nous a donné le monsieur plus tôt dans la journée ! A force de s’éloigner de notre hôtel, on finit par trouver un endroit où des jeunes boivent le thé, et on s’y installe. On se demande quand même ce que font les gens le soir, où est-ce qu’ils se retrouvent, s’il y a des espaces de convivialité ailleurs…

Le lendemain, nous arpentons les ruelles du marché qui est de nouveau vivant. On y trouve très probablement de tout (sauf un filtre à eau bien sûr ^^), des tuyaux d’arrosage, des motoculteurs, de la céramique, des chaussures, des vêtements, des câbles électriques … Nous traversons aussi un marché couvert rempli d’étals de fruits et légumes.

Puis nous allons au musée Mevlana.

Mevlana est le surnom du poète fondateur de l’ordre religieux musulman des derviches tourneurs (son vrai nom est Djaläl al-Dïn al-Rümï, Mevlana signifiant “notre maître”). La légende dit que Mevlana, passant un jour dans le bazar où l’on frappait l’or en cadence, se sentit soudain pris par le rythme, tandis qu’une violente émotion s’emparait de lui. Il se mit alors à tourner dans un mouvement d’élévation tant et tellement que, se rapprochant du ciel, il se sentit merveilleusement proche de dieu. Depuis, les derviches tourneurs utilisent la danse pour communier avec leur dieu.

On peut lire sur internet (puisqu’on en a pas vu nous-mêmes !) : lors des cérémonies, les derviches pivotent sur le pied gauche pendant plusieurs périodes de 10 à 30 mn, les yeux clos, en demi-cercle et en 2 temps. Le premier symbolise la création (arc descendant provenant de Dieu) ; le second, lorsque le danseur tourne dans l’autre sens, la communion spirituelle (arc ascendant). Cette danse s’effectue avec la paume d’une main tournée vers le haut pour recevoir la parole de Dieu et l’autre tournée vers le bas pour la transmettre aux croyants. La tête est penchée vers l’épaule droite, ce qui maintient la circulation du sang centrifugée dans la partie supérieure du cerveau. Ces tournoiements, qui vont en s’accélérant au rythme envoûtant des tambours, du ney (flûte) et des chants soufis, induisent un état de transe mystique chez les danseurs.

Fondé au 13e siècle, cet ordre a quasiment disparu : avec l’instauration de l’État laïque en 1924, interdisant les sectes et confréries religieuses, les danses rituelles disparaissent peu à peu.

Le musée Mevlana est situé lui-même dans un ancien couvent de l’ordre, construit au 13e siècle, et contient, outre quelques objets liés aux derviches tourneurs, le mausolée de Mevlana et les tombeaux de ses disciples et membres de sa famille.

Même si cet ordre est aujourd’hui interdit, il semble toujours tenir une place importante dans la vie des turcs aujourd’hui. Ce lieu est presque un lieu de pèlerinage, et nous pouvons le constater lors de notre visite : de très nombreuses personnes se recueillent et prient devant le mausolée.

De notre côté on admire la beauté des ornementations autour du tombeau.

Nous poursuivons notre visite de la ville par la mosquée Aladdin, la plus vieille de la ville (construite en 1220 pendant la période seldjoukide). On ne sait pas vraiment comment ça marche pour visiter ces lieux sacrés, étant donné qu’il y a un espace réservé aux femmes, mais tout petit et sans décoration (!!), alors que l’espace pour les hommes est bien plus beau en général !! Dans tous les cas, le foulard est de mise.

Autour de la mosquée, nous nous promenons dans un bien beau parc qui surplombe la ville et doit être couvert de roses lorsque c’est la saison.

Nous enchaînons avec une 2e mosquée, où cette fois, seul Mathieu peut entrer (pour les femmes c’est une entrée différente et une mini salle sans intérêt !). Le plafond est magnifique, recouvert de mosaïques, ça semble être un régal ! 

Nous terminons la journée par un kebab au poulet, et rentrons au bercail.

Le lendemain, on est pas super en forme… Déjà Mathieu se sentait pas au top hier… Bon bon bon, s’agit-il des feuilletés qu’on nous a offert sur la route, de fruits et légumes mal lavés, d’autre chose ? On ne le saura pas, mais en tout cas, on décide de rester une journée supplémentaire ici. Nous nous terrons dans notre chambre et enchaînons les reportages Arte.

Aujourd’hui, c’est la fête nationale de la Turquie. On aurait bien eu la force et la curiosite de sortir le soir pour voir les festivités, mais apparemment, il n’y a quasiment rien qui se passe à Konya. Tant pis !

Le lendemain, c’est décidé, nous quittons Konya !

2 réponses sur « Konya »

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