Catégories
Allemagne Pays-Bas

De Kostverloren à Brême

Nous quittons ce super camping, prêts pour une nouvelle journée de digue. Au niveau de la frontière avec l’Allemagne, nous traversons à pieds une grande étendue de roseaux (?), pour arriver à un observatoire pour les oiseaux. Nous ne sommes pas très calés en oiseaux, et n’avons pas de jumelles, alors les seuls qu’on voit et qu’on identifie, ce sont les hirondelles. Il y en a énormément, beaucoup ont leur nid dans ce fameux abri et on observe leur ballet pour nourrir leurs petits (qui eux passent leur temps à chier).

Nous passons la frontière sans nous en rendre compte. Le seul signe qui nous l’indique, c’est que le kilométrage de la grande digue est reparti de zéro (youhou).

Nous nous arrêtons le midi à Ditzum pour manger au bord de l’eau du poisson frais, dans un resto que nous a conseillé le propriétaire du camping. C’est bien bon,  mais nous avons la surprise de découvrir que “Kraben” en allemand, c’est pas crabe, mais crevette ! On a bien cru que le serveur s’était trompé dans notre commande, mais non, c’est bien ce que nous avons demandé 😅

Nous traversons ensuite l’Ems sur un bac et poursuivons notre route en Allemagne. Nous profitons d’y être de retour pour reprendre le camping sauvage : nous avons repéré une forêt, où nous plantons la tente. Tout à coup, alors que tout semblait parfait (encore une fois), nous voilà entourés et attaqués sauvagement par une armée de moustiques assoiffés ! 🦟🦟🦟

Par chance, et chose qui n’arrive que très rarement, on avait des restes de nourriture de la veille, déjà cuit. Du coup, dès la tente montée, on s’y est réfugié pour toute la soirée, et nous y avons mangé pour la première fois (soulagement qu’aucun de nous deux n’ait renversé sa semoule dans la tente !!!). 

En tout cas, on semble avoir limité la casse, et on s’en sort avec seulement deux ou trois boutons. Et on se réjouit d’entendre ces sales bêtes bourdonner tout autour de nous entre les deux toiles de tente, tout en sachant qu’elles ne peuvent pas nous atteindre 😈

La journée suivante se déroule sans grand fait notable. Nous nous éloignons légèrement du nord et de la digue, alors les paysages sont un peu plus variés. On croise toujours de nombreuses éoliennes.

Nous passons la nuit chez Bernd à Dykhausen. Nous dormons sous la tente car il a de la famille qui lui rend visite et occupe déjà sa maison. Nous prenons le repas tous ensemble et passons une bonne soirée. Son jardin est magnifique, avec dans un coin le potager, dans un autre une petite table pour prendre le petit-déjeuner avec le soleil du matin, une mare, beaucoup de fleurs…

La nuit, comme plusieurs nuits déjà, nous nous faisons attaquer par les limaces. Enfin, attaquer est un grand mot, mais disons qu’elles assaillent notre toile de tente, et même une basket de Mathieu ! BEURK !

Le lendemain, sur le conseil de Bernd, nous prenons la route qui passe par Oldenburg pour aller à Brême, plutôt que de poursuivre le long du littoral. Nous avons donc une petite journée de 60 km qui se prépare. Le paysage est chouette, nous traversons des forêts, un énorme parc où de très nombreux arbres sont cultivés, ça nous change de la monotonie de la digue !

Nous arrivons à Oldenburg sous pression, car le ciel est de plus en plus menaçant, et nous voulons trouver un endroit où nous abriter avant d’être trempés ! On fonce au centre ville, et on saute dans le premier café venu.

Probablement que la pluie n’aide pas, mais nous ne trouvons pas franchement de charme à cette ville et nous demandons pourquoi Bernd nous l’a recommandée ! En plus, nos quelques demandes d’hébergement Warmshower n’ont pas eu de succès, alors on est dépité !

Catégories
Pays-Bas

Pays-Bas : De Rotterdam à Makkum

Nous faisons la route jusqu’à un petit camping dans les environs de Delft, et le soleil pointe à nouveau son nez ! Pour mon plus grand plaisir, on traverse un canal avec un tout petit bac manuel, où on doit se tracter. Ça tangue, mais notre équipage reste au sec !

Le lendemain matin, nous nous promenons dans Delft, petite ville parcourue de nombreux canaux, qui nous rappelle également Amsterdam (au final, on se dit à chaque fois que ça ressemble à Amsterdam, mais il serait probablement plus judicieux de dire que c’est typiquement néerlandais !). Nous visitons les ancienne et nouvelle églises de la ville. Nouvelle, pas tant que ça, car elle date tout de même du 14e siècle ! Disons qu’elle était plus nouvelle que l’ancienne (une petite église en pierres de tufs existait déjà au 11e siècle à son emplacement) à l’époque. La nécropole royale se trouve dans la nouvelle église, et les souverains y sont enterrés depuis Guillaume d’Orange, mort en 1584. Les dernières inhumations datent de 2004, et lors de notre visite, des travaux sont en cours afin d’agrandir la crypte et d’ajouter 18 places ! A part ça, nous aimons bien cette nouvelle église lumineuse, dont les murs sont en briques claires.

Dans l’ancienne église, environ 400 personnes sont également enterrées, les pierres tombales, à même le sol, sont ornées de reliefs assez marqués pour certaines. C’est ici que le peintre Johannes Vermeer a sa tombe.

Nous traversons ensuite La Haye, sans aucun plaisir. C’est pas très beau et très urbanisé, on n’y avance pas assez vite au goût de Mathieu.

Nous atteignons alors le littoral. Nous ne voyons pas la mer tout de suite, car d’énormes dunes nous en séparent. C’est un paysage magnifique, avec un chemin cyclable très bien aménagé tout le long de la côte ouest (un peu trop circulé mais bon ^^). Comme dit Mathieu, c’est très roulant, et on se fait bien plaisir ! Nous croisons aussi quelques troupeaux de vaches et de chevaux en semi-liberté.

On finit la journée par un sprint de 30 km, pour arriver au camping qu’on a réservé avant l’heure limite. Ça chauffe dans les cuissots, mais on gagne presque 30 minutes sur le temps qu’indiquait le GPS ! Sauf que… On avait pas prévu qu’il y aurait un gros bac à emprunter… Qu’on a raté à une minute, et qui met 20 minutes à faire la traversée ! Merde !  On est dégoûté, on a reperdu tout ce qu’on avait gagné. Et enfin, pour couronner le tout, le GPS nous fait ensuite passer au travers d’une zone industrielle, et même d’une entreprise, où on se fait mettre dehors par un gardien. Décidément, pas de chance.

Nous arrivons au camping, on fait nos plus plates excuses au propriétaire, et on s’empresse de monter la tente. On s’en sort bien, à peine on a fini que la pluie se met à tomber. Par chance, il y a une sorte de hangar abrité, où quelques canapés sont installés : on y squatte toute la soirée (bizarrement, personne d’autre que nous ne s’y abrite), on est comme à la maison. Par contre, on a pas eu le temps de faire des courses, donc on se fait un repas bien frugal : hareng en conserve, biscuits, abricots secs. Ça fait pas rêver !

Nous enchainons avec une deuxième journée très agréable dans ces dunes, en plus le soleil est de la partie. On croise plusieurs tandems aujourd’hui, mais tous de type vélo hollandais. On pique-nique à la plage, on trempe les pieds dans l’eau, c’est top ! On a enfin atteint la côte 🙂

On s’approche de la fameuse route qui traverse l’Ijsselmeer, le fameux pont que Mathieu rêvait de traverser… Et en fait, après avoir discuté avec plusieurs personnes, on découvre qu’il s’agit en fait d’une digue, longue de 32 km, qu’elle est actuellement en travaux, et donc qu’on ne peut la traverser qu’à bord d’un bus ! Quelle déception ^^

Et surtout, quand on appelle la compagnie de bus pour se renseigner, ils nous disent que si notre tandem dépasse 1,8 m de longueur, son gabarit nécessite de réserver une place au moins 2 jours ouvrés à l’avance, et qu’ils nous proposent donc de nous réserver un créneau pour le mercredi (sachant qu’on est le dimanche !).

On réfléchit aux autres possibilités qui s’offrent à nous (enfin à la seule autre possibilité) : redescendre plus au sud et prendre un ferry, super cher. Finalement, on décide de tenter le tout pour le tout et de se pointer au bus, avec un peu de chance, il y aura de la place pour notre Steven.

Du coup, on entame notre 2e sprint de 30 km d’affilée, pour arriver à temps pour le bus de 16h30 (l’avant dernier de la journée). La chance nous sourit, on arrive 10 minutes avant, on tombe sur un chauffeur très sympa, qui embarque direct notre vélo, sans même nous faire de remarque, il papote avec nous et nous recommande un camping sur la rive d’en face (à seulement 4 km, car je ne veux pas avancer plus ^^). Quel contraste avec la personne qu’on a eue au téléphone plus tôt dans l’après-midi !

C’est parti pour la traversée. On ne voit pas la mer, cachée derrière la digue. Le trajet est assez long, et franchement, on se dit que faire ces 32 km à vélo, qu’est-ce que ça aurait été chiant !!! Pour peu qu’il y ait eu en plus un vent de face !

La construction de cette digue a été décidée à la suite d’une énième tempête et d’inondations colossales par la Zuidersee (mer du sud) en 1916, et elle a été terminée en 1932. Aujourd’hui, l’étendue d’eau enfermée par la digue est de l’eau douce, et s’appelle l’Ijsselmeer (meer = lac).

On se pose au camping, on part faire des courses au village à Makkum, mais il est 18h03 et ça fermait à 18h, alors on enchaine avec un 2e repas du pauvre d’affilée, on achète quelques frites dans une baraque, seule offre du dimanche soir ^^

Vers 21h, rebelotte, la pluie se joint à nous, mais encore une fois, il y a un abri dans le camping.

Catégories
Pays-Bas

Rotterdam

Une fois arrivés à Rotterdam, nous nous dirigeons vers la brasserie De Pelgrim, située dans le quartier du Delsfthaven. Elle se trouve le long d’un canal bordé de maisons anciennes étroites et hautes, et entrecoupé de ponts levants. Le coin ressemble bien à Amsterdam.

On passe ensuite devant le dépôt du musée Bojmans Van Beunigen : il s’agit de la réserve du musée, et a priori, on peut la visiter. Ce qui nous intéressait le plus, nous, c’est le bâtiment. Il est de la forme d’un bol, entièrement recouvert de miroirs. Le rendu est assez impressionnant, et le sera d’autant plus lorsque l’aménagement des abords sera fini !

Plus loin, on passe devant le musée maritime, devant lequel se trouvent plusieurs anciennes grues en exposition.

On est ici bien dans la partie moderne de la ville. Elle a été bombardée sévèrement pendant la 2e guerre mondiale, et a ensuite été le terrain de jeu de nombreux architectes, avec des réalisations plus ou moins réussies. Ainsi, on arrive devant les fameuses maisons cubiques, désignées par l’architecte Piet Blom et construites dans les années 80. Il s’agit d’un ensemble de 33 maisons de forme cubique, inclinées à 53°, en hauteur, perchées sur un escalier central qui permet d’y accéder. Chaque maison est censée représenter un arbre, et le tout une forêt. L’une d’elle se visite, on y découvre les meubles d’origine, entièrement faits sur mesure. Au final, ça semble plutôt vivable, à l’exception de la basse luminosité qui y règne. Bon, les panneaux d’information vantent la grande surface de ces maisons (100 m²), mais ce n’est certainement pas 100 m² loi Carrez !! Aujourd’hui, elles sont toutes habitées à l’exception de celle qu’on a visité.

Par ici pour plus d’infos (il y a même des photos prises lors de la construction des maisons).

On passe ensuite devant le Markthall, décrit par le Routard comme « l’endroit le plus étonnant qu’on ait vu ces dernières années : imaginez, sous une gigantesque arche-tunnel en fer à cheval inversé, une nouvelle chapelle Sixtine de 11 000 m² tapissée de 4 000 panneaux photographiques assemblés comme un puzzle représentant, sous l’idée de la Corne d’abondance, un jardin potager comme vu sous acide par un spectateur couché dans l’herbe, où l’on distingue des fruits, des fleurs, des légumes, des insectes géants … ». Bref, à lire ça, on a vraiment l’impression qu’on va voir un truc incroyable, et au final, et bien pas du tout de notre point de vue ! Mathieu dit même que ça lui rappelle le CNIT à la Défense 😅

M’enfin, et sous cet édifice se trouvent de nombreux stands de restos, d’échoppes de toutes sortes.

Le soir, nous nous promenons le long du fameux pont Erasme et passons sur Kop Van Zuid, où de nombreux gratte-ciels ont été érigés ces dernières années.

L’ancien siège de la ligne transatlantique Hollande-New-York a été conservé et reconverti en hôtel restaurant (le New-York hotel). On nous en avait beaucoup parlé, mais on a pas été si emballé que ça par cet édifice. On traverse un nouveau pont pour se retrouver sur Katendrecht, et manger à la Fenix Food Factory.

Si aujourd’hui cette péninsule a un côté très branché, avant, c’était là qu’étaient les pensions des marins, des maisons ouvrières où ils attendaient d’être embauchés, et c’était aussi un haut lieu de la prostitution. Enfin, avant la 2e guerre mondiale, ce quartier connaissait également une forte communauté d’immigrés chinois.

Nous passons la nuit à l’auberge de jeunesse “Hostel room”, totalement différente de celle de Düsseldorf. Lieu très sympa, accueil chaleureux, tout ce qu’on aime.

Nous faisons aussi une visite guidée de la ville, et un tour en bateau pour visiter le port. On est un peu frustré car on aime avoir beaucoup de détails techniques, et il n’y a rien de tout ça dans les commentaires. Il faut donc se contenter de ce qu’on voit et imaginer les réponses à nos nombreuses interrogations.

Dans tous les cas, nous repartons de Rotterdam contents : cette ville nous a beaucoup plu, et semble plutôt agréable à vivre.

Catégories
Allemagne Pays-Bas

Eurovélo 15 : De Duisbourg à Rotterdam

Après cette bonne nuit de repos, nous sommes prêts pour foncer jusqu’aux Pays-Bas ! En effet, on est assez impatient d’y arriver (et de débloquer un nouveau compteur sur notre page de statistiques héhéhé 🤓) ! En plus, nos jambes semblent être en phase avec cette volonté, et nous roulons donc 100 km ! Notre objectif était de nous approcher le plus possible de la frontière, mais de camper côté allemand. En effet, nous avons lu que le bivouac et le camping sauvage sont strictement interdits aux Pays-Bas. Mathieu serait chaud pour tenter quand même, moi pas franchement.

Ça tombe bien, nous trouvons un stade à côté d’une ferme dans un petit village, à 5 km de la frontière, où nous décidons de nous installer pour la nuit. Il y a un bâtiment dans un angle, avec les vestiaires, mais aussi une maison. Difficile de savoir s’il y a quelqu’un dedans : tous les volets sont tirés, mais il y a quand même deux voitures garées devant.

Vu que rien ne bouge, on décide que la maison est vide. Mathieu part en direction des vestiaires, et nous voilà décidément bien chanceux : ils sont ouverts, et les douches sont chaudes ! Grand luxe pour le bivouac de ce soir. On en vient presque à se demander si au lieu de monter la tente et tout, on ne dormirait pas direct dans ces vestiaires… Mais bon, finalement on se dit que non.

Et puis, quelques minutes après que j’ai fini ma douche, on voit qu’en fait il y avait des gens dans la maison !! Un couple vient d’en sortir et de s’installer sur la terrasse. Oups ! On s’approche d’eux et on leur demande franco si on peut rester camper là, ce à quoi ils nous disent : pas de problème, et si on vient vous poser des questions, dites que c’est nous qui vous avons autorisés.

Parfait ! On n’a plus de scrupules et on s’installe confortablement. On est presque comme à la maison 😊

On dort bien, mais on est réveillé le matin, à la fois par la pluie, mais aussi par l’odeur : ça pue (cf. la cuve de stockage (de lisier ?) derrière nous sur la photo) !!!! Mais franchement très fort💩💩💩Probablement que la pluie exacerbe l’odeur du lisier d’à côté…

On patiente dans l’espoir que la pluie se calme, en vain, on est donc contraint de replier et d’avancer sous l’eau. Le passage aux Pays-Bas se fait rapidement, et on s’arrête dans la ville d’Arnhem le midi, où le centre ville piéton est plutôt agréable, avec pleins de petits resto et cafés qui semblent proposer de la bouffe saine, ce qui n’est pas sans nous déplaire après l’Allemagne !!! On se commande chacun une énorme salade, très appétissante à la vue, mais avec malheureusement une sauce ultra sucrée, écœurante. Décidément, la vinaigrette c’est quand même si bon !

La pluie s’est calmée, et nous découvrons les fameuses pistes cyclables néerlandaises, larges, avec quasiment jamais de secousse aux franchissements des trottoirs. Seul bémol, ces pistes sont également réservées aux scooters. Etrange !

Nous traversons de grands parcs, de grandes forêts, c’est agréable.

Et pour couronner le tout, on s’arrête le soir dans un petit camping sympa (au final, tous les campings que nous ferons aux Pays-Bas seront chouettes, car nous ferons attention à bien les choisir petits, et le plus souvent, chez des fermiers). Nous avons un grand pré avec seulement 5 campings-cars (on en vient à se demander si les néerlandais ne vont pas au camping qu’à l’étranger, mais pas chez eux !), on s’installe où on veut, nous avons des tables de pique-nique à disposition, ainsi que des grosses bûches pour faire du feu (et finir nos chamallows), on peut acheter en libre service des oeufs frais et des cerises de la ferme d’à côté. Bref, nous sommes ravis. Et ça s’en ressent sur notre sommeil : on se réveille à 9h30 !!

Il pleut à nouveau, cette fois de la fine bruine qui mouille jusqu’aux os. Beurk. A peine 10 km plus loin on s’arrête à une maison d’hôte pour prendre un petit déjeuner et attendre que ça passe. On y découvre le “Muntthee” (attention, c’est pas franchement révolutionnaire) : on pensait que ce serait du thé à la menthe, comme tout semble l’indiquer, mais c’est juste de l’eau chaude dans laquelle trempe une branche de menthe fraîche. Ça passe bien, et on verra par la suite que les cafés en proposent très souvent, et aussi on nous racontera que c’est le truc à la mode en ce moment dans les grandes villes du pays.

Pour ce soir, nous avons trouvé des hôtes grâce à warmshowers, et ce dès la première tentative. Youhou, Youpi !! Reste plus qu’à rouler 50 km, sous la pluie 🌧️

Nous sommes accueillis chez Ellen et Jaap à Schelluinen. Quand Jaap nous ouvre sa porte, il nous salue par un magnifique “Hello small people !”. Et en effet, fidèle à ses origines néerlandaises (et aux clichés qu’on s’en fait), il est immense !! Mathieu paraît petit à côté, alors moi n’en parlons même pas !

Nous passons une super soirée avec eux, tout est chouette ! A commencer par leur maison : le salon, ouvert sur la cuisine, est spacieux, meublé avec goût, et surtout, vitré entièrement sur trois pans de murs, avec vue directement sur des arbres touffus. Simplement magnifique ! Et puis, nous, on a chambre et salle de bain que pour nous, dans une annexe qu’ils ont construite, à côté du garage. Le garage est rempli d’outils, de machines (tout ce qu’il faut pour travailler le bois, une machine à coudre professionnelle, un four à cuisson pour la poterie, …) : nous apprenons qu’ils rénovent actuellement deux tracteurs, et qu’ils ont, il y a 20 ans et en parallèle de leur job, construit deux bateaux à voile avec lesquels ils voyagent régulièrement.

Et enfin, pour couronner le tout, ils nous ont invités alors qu’ils avaient leurs enfants et petits-enfants à dîner ce soir. Nous passons vraiment une super soirée, on mange bien, on boit du bon vin, et nous repartons avec pleins de recommandations sur les villages à voir aux Pays-Bas, et les points d’intérêts et bons restos à Rotterdam. Merci beaucoup !!!

Sur la route, nous traversons de nombreux jolis petits villages, beaucoup de champs, et systématiquement, nous longeons des canaux de taille variée. C’est très joli, et nous sommes frustrés que le temps soit si gris.

Nous arrivons à Kinderdijk, où sont alignés de part et d’autre d’un canal, 19 moulins à vent. Ça rend un tableau impressionnant. Les moulins ont été construits dans la première moitié du 18e siècle, et étaient utilisés majoritairement dans les systèmes de gestion des eaux (maintien des terrains bas au sec, lutte contre les inondations).

Après cette petite pause, nous faisons une entorse à nos déplacements non motorisés, et embarquons sur le Waterbus ! Comme son nom l’indique, il s’agit d’un bateau qui circule sur le fleuve, et qui fait office de transport en commun. Et c’est parti pour Rotterdam (une vingtaine de minutes), à toute allure !!

Ah oui, et ici (rien à voir), aux Pays-Bas, le masque n’est plus obligatoire que dans les transports en commun !

Catégories
Allemagne

Eurovélo 15 : De Cologne à Duisbourg

Nous pédalons de Cologne jusqu’à Zons, petit village médiéval bordé de remparts où nous nous arrêtons manger.

Nous arrivons ensuite à Düsseldorf dans l’après-midi, par le quartier moderne de la ville, Medienhafen. Encore une fois, c’est une ancienne zone très industrielle qui a été récemment reconstruite avec le concours de plusieurs architectes, et notamment Gehry pour trois bâtiments. S’y mélangent des vestiges de vieux bâtiments, des anciennes grues sur les quais, et ces bâtiments modernes. L’ensemble est assez chouette.

Nous arrivons dans l’auberge de jeunesse que nous avons réservé, et c’est la douche froide. Il n’y a pas d’accueil, les rares personnes présentes, clients, comme nous, ne parlent pas un mot d’anglais, d’allemand, de français, il n’y a aucun endroit où mettre notre tandem alors qu’il était écrit sur internet qu’il y avait un parking…. Bref, en plus de ça, l’ambiance est absolument bizarre, et mal-aisante. 

Bref on laisse ça de côté et nous partons à la découverte de la ville, avec en premier arrêt un resto japonais réputé (Na Ni Wa), où nous mangeons des nouilles après avoir fait la queue 20-30 minutes. Elles sont bonnes, mais ce n’était probablement pas le choix idéal : il faisait déjà chaud dehors, mais alors après ça, on était en nage ! Il faut donc aller se désaltérer, direction la brasserie Brauerei zum Fuchsen, pour découvrir l’Altbier. Le principe est le même qu’à Cologne : les verres ont la même forme et le serveur continue de les remplacer tant qu’on ne les recouvre pas. On poursuit notre soirée le long du Rhin, et il y a encore plus de personnes que dans les villes précédentes !! Düsseldorf semble être une ville assez jeune (d’ailleurs on a rencontré un français qui y était en stage, et qui a justement choisi cette ville pour sa vie étudiante et sa nightlife).

On arrive à la tour de la télévision, en haut de laquelle nous montons. Il aura fallu insister auprès du caissier pour qu’il nous laisse monter gratuitement au bar (c’est la règle mais il voulait absolument nous faire monter au panorama, prétextant qu’il n’y avait aucune vue depuis le restaurant – totalement absurde car dans ce cas, pourquoi avoir mis un resto à 150 m de hauteur ?).

Enfin, nous avons pris la décision, non sans angoisse, de laisser notre Steven dormir seul dans la rue cette nuit. On a fait les choses bien : on l’a accroché devant le commissariat de police, et une policière nous a dit qu’a priori, il ne risquerait rien. On croise les doigts !

Nous rentrons nous coucher, Mathieu me fait un cirque pour trouver ses boules Quies “car en AJ, on dort toujours mal”…. Devinez qui est le seul à avoir ronflé toute la nuit ???

Le jour suivant, nous retrouvons avec joie notre Steven, qui n’a pas bougé d’un poil. OUF !!!!

On prend un bon café, et on fait une visite guidée de la ville. Elle se trouve au confluent entre le Rhin et la Düssel, une petite rivière, d’où son nom (le village de Düssel). On a plus trop en tête les chiffres exacts mais de mémoire, ⅔ de la production d’acier de l’Allemagne pendant la seconde guerre mondiale provenait de Düsseldorf.

La guide nous apprend qu’aujourd’hui, Düsseldorf est extrêmement dynamique dans le domaine de la mode, de l’art et de la culture, et qu’il s’agirait de la ville allemande qui bénéficierait le plus de support (financier et infrastructures) concernant ces deux derniers points, devant Berlin.

20 pages sur l’histoire de la ville.

Mathieu n’est pas fan de cette ville, qui semble aussi assez superficielle, avec notamment une énorme allée, la Königsallee (la Kö pour les habitués) bordée de boutiques de luxe, une sorte de Champs Elysées allemands.

Après cette visite, nous reprenons la route, et Steven semble vouloir nous faire payer sa nuit dehors : la grande chaîne déraille, et un peu plus loin, la sacoche avant saute du porte-bagage. Par chance, c’est juste une tige du porte-bagage qui est sortie de son support, et non une vraie casse. Ouf !

Nous roulons sous des nuages ultra-menaçant, et ça ne manque pas, un orage éclate. On est par chance en bordure de Duisbourg, dans un quartier résidentiel, et il y a un abri pour les voitures devant une maison, où on se terre.

Après une heure de pluie, ça ne semble pas vouloir se calmer, au contraire, et nous craquons : il y avait un hôtel juste en face de nous (coïncidence ? ^^), on y prend une chambre. C’est à nouveau un peu bizarre, il n’y a pas d’accueil ni de personnel, on reçoit des codes par mail pour ouvrir une boîte et récupérer les clés. Comme on a l’air seuls, on ne se fait pas chier et on rentre Steven dans le hall, pour qu’il y passe la nuit.

Soirée télé devant les matchs de l’euro, on dort super bien !

Catégories
Allemagne

2000 km

Et on a toujours la frite !!!

Ps : on a du retard dans les articles, nous sommes aujourd’hui à Cologne !

Catégories
Allemagne

Eurovélo 15 : De Mayence à Bonn

Après ces 2 jours off, nous revoilà sur les routes. Nous allons entamer la portion la plus romantique du Rhin paraît-il, entre Bingen et Coblence. On voit ainsi le paysage changer assez rapidement, désormais, le Rhin est encadré par deux falaises, cultivées de vignes. C’est effectivement assez beau et très différent de ce qu’on a vu avant, malheureusement, le temps est un peu maussade. Quelques éclaircies nous permettent quand même d’en profiter un peu. Ce qui est marquant, c’est le nombre de châteaux forts qu’il y a ! Presque à chaque méandre !

Nous arrivons ensuite à la fameuse Loreleï. Fameuse, car le Routard en fait une éloge remarquable, et il y avait des panneaux sur la route qui l’indiquaient depuis longtemps. On va pas se le cacher, nous on n’en avait jamais entendu parler, et au vu de la description, on s’attendait à un truc monumental (presque du type de la statue de de la liberté !). Autant dire qu’on a été un peu déçu ! C’est certes une jolie statue, mais on a pas vraiment saisi tout l’engouement qu’il y a autour.

Après quelques recherches, on comprend que Loreleï, c’est à la fois cette statue, mais également le piton rocheux qui la surplombe. L’avancée du rocher dans le Rhin réduit sa largeur d’un quart et en fait l’endroit le plus étroit du fleuve, avec des courants violents, qui additionnés aux nombreux rochers immergés, causent de nombreux accidents de navigation. En parallèle, la statue représente une nymphe de la mythologie germanique, qui attire les navigateurs avec son chant jusqu’à leur perdition, comme les sirènes (“Loreleï est une jeune fille qui, assise sur le rocher du même nom, chante magnifiquement bien. Les marins passent en bateau et l’entendent. Ils sont comme envoûtés par ce chant si beau, si mélodieux, qu’ils en oublient les courants du Rhin et chavirent.”).

Plus d’info sur le mythe de la Loreleï ici.

On décide de poser notre tente en haut du fameux piton rocheux qui surplombe la statue (An der Loreleï), ce qui nous fait une bonne grimpette en fin de journée (on finit même par pousser le vélo) ! Déjà, la route est barrée car ils sont en train de refaire la chaussée (mais à l’heure où on passe il n’y a personne qui travaille), et en plus, c’est franchement raide !

En haut, ça valait la peine, on a une belle vue sur le méandre du Rhin, les péniches qui passent. Et pour couronner le tout, on dort super bien sous la tente !

Au petit matin, pour ne pas avoir à retraverser la route en travaux, on fait un grand détour, qui nous ramène en arrière sur notre chemin ! 20 km en plus ^^ On retrouve en tout cas le plaisir grisant des grosses descentes !

On s’arrête dans le village de Braubach. Un petit village charmant, avec quelques maisons à colombages, mais… d’un ennui !!! Pas un chat dans les rues, c’est mortel !! On pensait même qu’on allait pas réussir à trouver un endroit où manger. Alors qu’en fait, il y a bel et bien un resto ouvert, mais on est passé devant en pensant qu’il était fermé.

Nous montons ensuite au château de Marksburg, qui surplombe ce village. C’est le seul de la vallée à n’avoir jamais été détruit depuis le Moyen-Age (la partie la plus ancienne, le donjon, date du 13e siècle). Pas de chance, il ne se visite que lors de visites guidées, et elles sont exclusivement en allemand ! Ah oui, et aussi il s’est mis à pleuvoir ! Bingo ^^ J’essaie donc de traduire à Mathieu ce que le guide nous raconte. Et Mathieu ronchonne car ce que je raconte est beaucoup plus court que ce que dit le guide … On fait ce qu’on peut et non, je ne connais pas franchement le vocabulaire associé à la salle des tortures ou aux armures 🤷🏻‍♀️

On n’a pas fait de photos comme il pleuvait, mais on peut en trouver ici.

Vu le temps pourri, on essaie de contacter des gens via WarmShower pour nous héberger ce soir.

Malgré 5 tentatives, aucun succès. Bon, ça peut pas marcher à chaque fois et on a eu pas mal de chance depuis le début avec ce réseau, alors tant pis ! Et au final, le temps est avec nous car il s’arrête de pleuvoir en début de soirée et nous trouvons un endroit plutôt pas mal pour poser notre tente, pas loin de Coblence. On y dort bien, et finalement on apprécie que le temps soit moins bon : on n’est pas réveillé ni par la lumière, ni par la chaleur du soleil !

Nous visitons un peu Coblence. Enfin, nous commençons par un café indiqué par le Routard : super petit dèj ! Ça fait plaisir !! On poursuit avec le Deutsches Eck, ce promontoire qui se trouve à la confluence du Rhin et de la Moselle, et qui est agrémenté d’une monumentale statue équestre de l’empereur allemand Guillaume 1er. Par contre, nous ne sommes pas particulièrement touchés par le reste de la ville, et encore moins par la forteresse, qui était, parait-il, immanquable ! Déjà, y accéder est très compliqué. Enfin, il y a bien un téléphérique mais il coûte super cher ! On y monte donc à pieds, après avoir bataillé pour trouver le chemin, qui n’est vraiment pas bien indiqué. Puis, on arrive donc dans cette forteresse et on s’y trouve bien démuni. Il n’y a aucune explication sur le bâtiment, c’est très frustrant. Il y a quelques expos, mais très peu de traduction des panneaux, même en anglais. Franchement, on est bien déçus, et on repart en ayant presque le sentiment d’avoir perdu notre journée.

Ce soir, on a réussi à trouver dès la 2e tentative un hôte sur Warmshower : nous allons donc chez Chris, à Andernach. En l’attendant (il est parti faire de l’escalade), nous plantons la tente dans son jardin. Nous passons ensuite une bonne soirée tous les trois, autour d’une petite bière. 

Merci Chris pour ton accueil 😊

Nous partons le lendemain en direction de Bonn. Pas de chance, notre compteur de kilomètres ne marche plus 😠 Enfin, a priori c’est juste le fil qui relie le compteur au boîtier qui serait abîmé, mais pas sûr qu’on nous en vende en pièces détachées.

Le temps est bien menaçant. Dès notre arrivée à Bonn, il est midi, nos estomac grondent, et Mathieu avait repéré un endroit qui fait des burgers. Bon, ils ne font qu’à emporter, alors on se retrouve dans un parc sur un banc à essayer de ne pas s’en mettre partout, quand bien sûr, il se met à pleuvoir 😑 On s’abrite enfin dans un bon café. Tellement bon qu’on en prend deux chacun. 

On voulait visiter la maison natale de Beethoven, mais elle est fermée (décidément, ça fait deux journées pas très successful d’affilée !). On va alors au musée “Haus der Geschichte”, qui présente l’histoire de l’Allemagne, depuis 1945 à nos jours. Il est très fourni et semble passionnant, mais malheureusement tout est quasiment exclusivement en allemand, ce qui est incompréhensible pour Mathieu (et fatigant pour moi ^^).

Nous passons la soirée chez Louise et Ludwig, deux néerlandais qui vivent à Bonn, que nous avons rencontrés à nouveau grâce à Warmshower. Nous sommes accueillis comme des rois, et mangeons le meilleur repas depuis notre départ !! Un plat indien avec du bon vin, c’est génial ! Merci beaucoup à tous les deux 🙂

PS : l’article sur Cologne est également mis à jour ! 🎉

Catégories
Allemagne

Eurovélo 15 : de Mannheim à Mayence

Nous roulons 65 km d’une traite, pour arriver directement à Mayence, et notamment à l’hôtel ! Bien hâte de profiter d’un lit, d’une douche, de confort !! Le trajet est un peu moins monotone, on alterne des passages au travers de champs et de forêts (ceux-là sont particulièrement appréciés vu la chaleur !). 

Au détour d’un chemin, on tombe sur un magnifique champ de coquelicots, au détour d’un autre, sur deux bergers qui mènent leur troupeau. Des rencontres qu’on apprécie 🙂

On emprunte aussi quelques bacs, notamment un qui ne paie pas de mine, et dont le propriétaire a installé une pompe directement dans le Rhin, reliée à un tuyau d’arrosage, et il arrose son bateau. Etrange ! Il fait toujours aussi chaud, et il nous propose de nous arroser également. Ni une ni deux on récupère le tuyau et on s’asperge : ça fait du bien !

Arrivés à l’hôtel, on se rue sous la douche, et on s’installe devant le match de foot France / Hongrie à 15h. Aucun de nous ne saura si c’était un bon match ou pas, on s’est endormi comme des pierres. Comme quoi, on devait quand même être bien fatigués.

Après avoir bien rechargé nos batteries, nous sommes partis à la découverte de la ville, et notamment d’un petit bar à vin que conseille le Routard. Nous avons donc goûté un blanc et un rouge tous deux produit à quelques kilomètres d’ici. Autant le blanc ne nous a pas trop emballé, autant le rouge était vraiment bon. Tout ça accompagné de “Spundekäse” et d’une assiette de chacuterie, cette dernière étant fort peu ragoutante :s Tout semblait être de la viande reconstituée, beurk ^^

On finit la soirée par se promener dans le centre ville et sur les bords du Rhin, qui sont d’ailleurs bondés, en prenant quelques photos.

Le lendemain, après s’en être mis plein la panse avec le petit déjeuner de l’hôtel, nous partons en direction de l’église Saint Etienne de Mayence, où tous les vitraux ont été faits par Chagall dans les années 80, peu avant sa mort. Ils sont tous dans les tons bleutés, avec parfois quelques nuances de vert et de violet, c’est magnifique.

On enchaîne par la cathédrale, qui malgré sa renommée, nous laisse de marbre : quelle austérité après la si belle église précédente ! Seul le cloître est agréable.

Puis on visite le musée Gutenberg. On a de la chance, l’un des employés est franco-allemand, et nous raconte pleins de choses sur les objets exposés. On découvre, dans la salle du Trésor, deux originaux des premières bibles imprimées, datant du milieu du XVe siècle (Gutenberg en aurait imprimé 180 en une année). Pour l’anecdote, elles ont été achetées aux enchères en 1978 par le musée, pour 4 millions de marks, et ramenées par avion de New York dans un simple bagage cabine, sans aucune protection ni sécurité !

Après ce musée bien intéressant, nous allons à la brasserie Eisgrub Brau, goûter la bière faite sur place.

Et puis on se dit qu’on est vraiment pas mal dans cette ville, alors finalement, on décide d’y rester une 2e nuit.

Catégories
Allemagne France

Eurovélo 15 : de Strasbourg à Baden-Baden

Nous longeons le Rhin un petit moment, côté France, et prenons le bac au niveau de Drusenheim pour traverser le fleuve. Nous revoilà en Allemagne !

Nous nous arrêtons assez rapidement, en bordure de forêt, pour camper. On s’installe tranquillement, on est bien, jusqu’à ce que d’un coup, on soit envahi de moustiques tigres ! Mais quelle plaie ! C’est l’enfer, il fait encore très chaud, mais on se couvre de pantalons et pulls, on sue, et malgré ça, on découvrira le lendemain qu’on s’est fait dévorer. Fait chier !!!!!!

Le matin, on a des boutons partout et ça nous gratte fort. On s’arrête à Baden-Baden, pour une activité à l’opposé de notre dose de sport quotidien : les termes de Caracalla ! Malgré notre certificat de vaccination, comme ça ne fait pas 15 jours, ils nous demandent quand même un test négatif pour entrer. Arg ! Par chance, il y a un stand juste devant l’entrée, et c’est un test salivaire qu’ils proposent. Youpi !!

Une fois ces formalités passées, nous voilà à barboter dans les nombreux bains à remous, les jets massants… On pensait que 3h, ce serait long, mais finalement ça passe très vite ^^ On fait également un passage aux saunas. Il nous faut un petit moment d’adaptation et de travail sur soi, puisqu’ils se situent dans la zone naturiste… A un moment, un employé arrive et nous engueule car il faut bien se mettre complètement sur notre serviette, on ne peut même pas avoir un pied qui repose sur le bois. Bref, sensation bien étrange que d’être à poil et de se faire réprimander par un employé. On quitte assez vite cet espace !

Autant dire qu’après cette longue trempette, on se sent plus propre qu’on ne l’a jamais été depuis le début du voyage ! Heureusement pour ne pas qu’on s’y habitue trop vite, il fait encore une chaleur à crever dehors, ce qui nous permet de retranspirer dès qu’on sort des termes. Pas cool !

On attend 17h pour reprendre la route, et malgré ça, il fait encore bien chaud !

Catégories
France

Strasbourg

Nous arrivons à Strabsourg samedi midi, et allons directement chez Anaïs, Bruno et leur fille Philaé, qui nous hébergent pour deux jours. Nous les avons rencontrés via le site WarmShower. Et quel hasard, quand je dis que je fais de la géotechnique, ils savent ce que c’est, car le frère de Bruno a fait géol aussi, et est de la même promo que mes collègues Olivier et Pierre ! Et les grands-parents d’Anaïs tenaient une épicerie dans le village voisin de celui où les grands-parents de Mathieu en tenaient une, et les connaissaient ! Comme on dit, le monde est petit !

Après une bonne salade, qui fait du bien, nous partons en bus (une fois n’est pas coutume) dans le centre ville de Strasbourg (“Stras”). On arrive pile poil pour le début d’un free city tour, certes en anglais, mais qui nous permet quand même d’en apprendre plus sur cette ville, et sa longue histoire franco-allemande.

On apprend aussi qu’anciennement, les maisons étaient colorées en fonction des métiers de leurs occupants. Et selon le guide, ces maisons à colombages sont entièrement démontables et transportables ! Apparemment, cela servait notamment à l’époque, par exemple lorsqu’une maison était offerte en trousseau de mariage.

Après cette visite, on entre dans la cathédrale, où une énorme lune a été pendue au centre, dans le cadre d’une exposition d’art contemporain dans toute la ville (l’Industrie Magnifique). Autant, dans les rues, les oeuvres ne nous touchent pas vraiment, autant cette lune rend vraiment très bien.

On poursuit sur le parvis avec une expo temporaire qui mêle art et sciences.

Au programme, une ancienne capsule Soyouz exposée, l’écoute d’irruptions solaires au moyen de vibrations, l’observation de plasma, des reconstitutions du vortex de trous noirs. Une oeuvre artistique illustre également les particules nous traversant chaque seconde…. 

Tout cela est très très cool !!

S’ensuit un bon repas et une bonne bière au resto recommandé par mon père, “Au brasseur”, où la bière est brassée sur place.

On finit la journée par une promenade au travers de la petite France, à la nuit tombée, ce qui donne de très belles vues.

On y retourne aussi le lendemain pour en profiter avec une autre lumière.

Le lendemain, on retourne à la cathédrale, mais cette fois pour voir l’horloge astronomique ! Ça commence par un film explicatif très bien fait, qui détaille l’histoire de sa construction, les mécanismes, et les personnages, c’est très intéressant et d’une immense complexité. La position des astres et la prédiction des éclipses, quelques 180 années après son inauguration, reste d’une grande précision. Un mécanisme permettant de prendre en compte la trajectoire elliptique des planètes permet de ralentir/accélérer les aiguilles (équations solaires et lunaires). Il y a tout un mécanisme qui permet de calculer, tous les 31 décembre, tous les jours de fêtes de l’année à venir (le comput ecclésiastique). C’est un peu un lointain ancêtre des ordinateurs ! Le constructeur de cette horloge, Schwilgué, aurait eu besoin d’une trentaine d’années pour la réaliser, au 19e siècle.

Plus d’informations sur l’horloge astronomique ici. Et pour des informations encore plus détaillées, c’est par là (notamment à partir de la page 28).

On poursuit avec la visite de la cave historique des hospices de Strasbourg, où est conservé le plus vieux vin du monde (parait-il), datant de 1472 ! On apprend que les hôpitaux étaient souvent dotés de caves, et disposaient de beaucoup de terres, car les gens n’avaient pas forcément les moyens de régler leurs soins médicaux avec de l’argent, et payaient donc en nature.

Concernant ce vieux vin, même s’il continue d’être conservé pour le prestige, il serait dégueu : pH de 2, très acide. Le sommelier qui tient la boutique nous dit qu’il a eu l’occasion de le goûter lorsqu’il a été embauché ici, et qu’il a eu mal au ventre pendant trois jours par la suite. Pas très engageant !

On retourne après ça à la cathédrale, pour monter dans les tours. En effet, on a essayé de le faire à la suite de l’horloge astronomique, mais on s’est retrouvé au milieu d’un exercice incendie grandeur nature. C’était assez impressionnant, il y avait de la fausse fumée qui sortait d’une tour, les employés ont fait évacuer tout le monde (quelle chance on a eu de ne pas avoir commencé à monter les marches quand l’alerte a été déclarée, sinon on aurait dû tout refaire deux fois ^^), et il y avait peins de camions de pompier. Bien sûr, en bas il y avait forcément quelques badauds qui filmaient tout ce qu’ils pouvaient, croyant tenir un scoop…

M’enfin bref, on revient donc à la cathédrale et nous montons sur la terrasse, entre les deux tours, pour profiter d’une vue à 360° sur Strasbourg.

Nous passons une dernière belle soirée chez nos hôtes, Bruno et Anaïs, qui nous racontent leurs aventures vécues lors de leurs nombreuses rando en montagne et lors de leur long voyage en Amérique du Sud et Asie. Merci à vous et Philaé pour nous avoir accueillis chez vous !!

Nous partons le lendemain matin en direction du quartier des institutions européennes. Un rapide coup d’oeil au Parlement européen (pas grand chose à voir, et il ne se visite que du mercredi au samedi, pas de bol, on est mardi), au Conseil de l’Europe, et on arrive au Lieu d’Europe, qui est un lieu dédié à la promotion de la citoyenneté européenne, aux institutions de l’Europe. Dans un premier espace, sont présentés les moments clés de la constitution de l’Union Européenne et de l’Europe. Dans un second, ce sont des présentations des différentes institutions. Il faut avouer que malgré tout, ça reste un peu flou dans nos têtes la distinction entre les différentes institutions (Parlement, Conseil de l’Europe, Cour européenne des droits de l’homme…). Au 2e étage, ils ont par contre un grand centre de documentation, avec pleins de docs, dans plusieurs langues, pour expliquer plus en détail le rôle de chaque institution, les droits dont disposent les citoyens des pays membres du Conseil de l’Europe (qui regroupe beaucoup plus de pays que l’Union Européenne d’ailleurs). Comme on est curieux, on récupère pleins de brochures dans l’espoir de mieux comprendre tout ça, et on fait le choix d’ajouter leur poids à nos bagages (on prend aussi quelques-unes qui sont pour les enfants, en se disant qu’avec ça, on aura aucune excuse de ne pas tout comprendre !).

Par ailleurs, il se trouve par hasard que ce jour-là, avait lieu une conférence sur le thème “Comment accueillir des réfugié-e-s en tant que citoyen-ne sans s’épuiser “, dans le cadre de la semaine des réfugiés organisée par Strasbourg. En particulier, c’est la sociologue Evangeline Masson-Diez qui est principalement intervenue, car elle a notamment fait une thèse sur le sujet (disponible ici), ainsi qu’une ou deux autres personnes pour témoigner de leur vécu en tant qu’hébergeur. Cette conférence est un heureux hasard et nous a beaucoup intéressé. Et en plus (mais bien sûr, pas que pour ça ^^), elle était suivie d’un pot ! héhéhé 😏🥳

Plus d’infos sur le lieu d’Europe ici.

 Lien vers les docs publiés par l’UE : ici.

Enfin, nous repartons. L’après-midi est déjà bien avancée et on avait prévu de partir un peu plus tôt, mais tant pis ! Et en plus, pas très loin, on croise un monsieur qui a crevé la roue avant de son vélo cargo, qui n’a rien pour réparer, et qui doit aller chercher ses enfants à l’école. Alors on s’arrête de nouveau et Mathieu lui met une rustine. En discutant, on découvre que ce monsieur est enseignant chercheur de physique à l’université de Strasbourg. Et pas n’importe quelle physique, mais bien le grand dada de Mathieu : la physique quantique !! Du coup il est très frustré de ne pas pouvoir échanger plus avec lui !