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Selime

DĂšs que nous quittons Aksaray, la route change (enfin !). Du relief, de beaux paysages, c’est chouette ! La route est aussi beaucoup plus petite que les jours prĂ©cĂ©dents.

Par contre on a un vent de face vraiment coriace !! Satané vent ! Nous faisons une pause à une petite épicerie, et le vendeur nous offre le café.

Plus tard, nous mangeons le midi dans un tout petit resto dans le village de Selime. On commence Ă  voir les paysages avec les cheminĂ©es de fĂ©e et les habitations troglodytiques, qu’est-ce que c’est Ă©tonnant ! Les cavitĂ©s sont immenses, on pourrait clairement y Ă©tablir notre campement ! 

Nous rencontrons Ă  nouveau un monsieur franco-turc, de Sarreguemines en France. Encore une fois, il nous demande s’il n’y a pas quelque chose qu’il puisse faire pour nous, nous offre un simit (pain au sĂ©same)… On a toujours du mal Ă  s’habituer Ă  la gentillesse et la gĂ©nĂ©rositĂ© des gens ici 😃

Nous allons ensuite nous promener du cĂŽtĂ© de la cathĂ©drale troglodyte du village, nous parcourons toutes ces piĂšces creusĂ©es dans la roche (tuf volcanique), qu’est-ce que c’est impressionnant ! Malheureusement le site ferme assez tĂŽt, nous y retournerons donc le lendemain !

Nous pouvons d’ailleurs constater qu’à peine les horaires de visite sont passĂ©s, les chiens errants peuplent le lieu ! Il y en a 4 qui nous tournent autour, pour mon plus grand plaisir


On traverse la riviĂšre en contrebas et on s’installe pour camper prĂšs d’un petit resto (sans client, on voit que la saison touristique est bien passĂ©e !). On peut mĂȘme profiter des tables pour manger, on est plutĂŽt bien installĂ©s. 

Par contre, on ne dort pas trĂšs bien, entre le chant du muezzin Ă  deux pas, et les aboiements incessants des chiens, on a connu plus reposant !

Le lendemain, nous reprenons donc notre exploration lĂ  oĂč nous l’avions laissĂ©e. Outre la cathĂ©drale, il y a une Ă©glise, une chapelle, un monastĂšre, une Ă©norme cuisine. On se trouve ici sur l’ancienne route de la soie, et on traverse un couloir, toujours troglodyte, oĂč passaient les caravanes ! Elles faisaient Ă©tape vers la cathĂ©drale, on rentrait dans ces bĂątiments les animaux, la cargaison, tout, pour les protĂ©ger des pillards. C’est trop fort tout ça. Et comme on est lĂ  tĂŽt, il semblerait qu’on soit les premiers visiteurs, il n’y a quasiment personne d’autre que nous ! On peut en profiter comme on l’entend c’est trĂšs apprĂ©ciable (bien plus que ce qu’on pourra visiter plus tard en pleine Cappadoce, Ă  Göreme).

La cathĂ©drale de Selime est datĂ©e du 8-9e siĂšcle, et les fresques peintes du fin 10e – dĂ©but du 11e siĂšcle. Elle Ă©tait un haut lieu des activitĂ©s chrĂ©tiennes pendant l’Ăšre byzantine. C’est dans celle-ci que les premiĂšres messes non secrĂštes de Cappadoce eurent lieu. Sa position en hauteur en faisait aussi un point stratĂ©gique de dĂ©fense de la ville.

Nous poursuivons ensuite en direction d’Ihlara, qui sera le point de dĂ©part de notre balade Ă  pied dans le canyon. Mais pour le moment, le temps est plutĂŽt maussade, alors nous nous arrĂȘtons un temps boire un thĂ©. Nous sommes dans un lieu qui semble Ă  la fois faire office de salon de thĂ© et de salle communale, avec pleins de petits vieux attablĂ©s, qui jouent au 101 (ce jeu semble trĂšs populaire ici !). On apprĂ©cie de les regarder, on admire leur dextĂ©ritĂ© (leurs doigts semblent en avoir maniĂ© des milliers des jetons !), on les observe se chamailler quand l’un gagne ou perd
 C’est un beau moment. Par contre, encore une fois, aucune femme Ă  l’horizon (comme souvent, aucune femme dans les restos).

On fait une autre pause pour manger un bout (la pluie s’est mise Ă  tomber, fait chier !), et quelle bonne surprise, pas de viande au menu, mais de la çorba !! GĂ©nial ! Soupe de lentilles, soupe acide non identifiĂ©e, lĂ©gumes, on se rĂ©gale !

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De Konya Ă  Aksaray

Nous partons tĂŽt, et arpentons une route toute droite, plus plate que plate, dĂ©sertique. C’est assez polluĂ© au sortir de la ville, et il n’a pas plu depuis longtemps, alors il y a Ă©normĂ©ment de poussiĂšre. C’est franchement pas passionnant, on enchaĂźne les kilomĂštres au plus vite.

Pour le midi, afin de nous garantir de la sĂ©rĂ©nitĂ© au niveau digestion, nous dĂ©cidons de nous cuisiner des pĂątes au rĂ©chaud Ă  une station service. Deux chiens errants nous tournent autour. Ils ont un air tellement abattus, faibles, tristes, mĂȘme moi qui ne les aime pas ai pitiĂ© d’eux. Un monsieur qui fait aussi une pause ici nous offre le thĂ© avant de repartir, un autre nous donne des espĂšces de pĂątisseries absolument bizarres (sorte de loukoums mĂ©ga industriel fourrĂ© avec des noix et entourĂ© d’un truc caoutchouteux non identifiĂ© blanc). Et alors qu’on allait repartir, un policier nommĂ© Mesut, Ă©galement en pause ici, nous invite Ă  nouveau Ă  boire le thĂ©, et nous pose pleins de questions sur notre voyage. Nous repartons avec son numĂ©ro de tĂ©lĂ©phone “au cas oĂč nous ayons des problĂšmes” (il prendra d’ailleurs des nouvelles de nous Ă  2 reprises dans la semaine !).

AprĂšs ces beaux moments, nous reprenons la route et enchaĂźnons les kilomĂštres jusqu’à Sultanhani, oĂč nous avons rĂ©servĂ© un hĂŽtel plutĂŽt classe, juste en face du magnifique caravansĂ©rail.

On nous y sert du thĂ© et du cafĂ© turc le soir, pendant que de vieux hommes (de la famille des gĂ©rants) jouent Ă  un jeu nommĂ© 101, qui ressemble beaucoup Ă  notre Rummikub. C’est hypnotisant d’observer la dextĂ©ritĂ© de leurs mains maniant les jetons, et leurs airs malicieux quand ils se passent les jetons.

Et lĂ , alors que nous Ă©tions tous tranquillement installĂ©s, retentit un Ă©norme “Pschhhhhhhhhh” : voilĂ  que notre chambre Ă  air avant vient de crever !!!! C’est exactement comme quand on avait quittĂ© Besançon : on est pas sur le vĂ©lo, il n’est mĂȘme pas chargĂ©, mais la chambre Ă  air a explosĂ© de l’intĂ©rieur, probablement car le scotch en fond de jante a cĂ©dĂ©. Fait chier !!! On verra le lendemain pour rĂ©parer tout ça !

Au matin, aprĂšs un bon petit dĂšj, nous descendons pour rĂ©parer notre roue avant puisqu’elle a eu le bon goĂ»t de crever hier soir. AprĂšs une premiĂšre tentative de rĂ©paration de la chambre Ă  air, il s’avĂšre qu’on s’est trompĂ© de colle Ă  rustine, et donc ça n’a pas marchĂ©. Il faut tout recommencer !! A la 2e tentative, on prend bien la bonne colle, mais encore une fois, quand tout est remis en place, on entend une fuite d’air. Bigre !! Alors, il faut tout redĂ©faire une 3e fois, et on se rĂ©sout Ă  utiliser la chambre Ă  air neuve qu’on a en rechange !! Il faut savoir que nos pneus sont vraiment super, mais par contre ultra difficile Ă  enlever !!! Et en plus, un mec de l’hĂŽtel a passĂ© son temps Ă  nous regarder et donner des conseils


M’enfin, voilĂ  que notre roue est changĂ©e, plus d’une heure plus tard đŸ„Ž

Nous pouvons donc aller visiter le caravansĂ©rail, construit en 1229 sous le rĂšgne du sultan AlĂąaddin Key Kubat 1er. En entrant par le portail magnifiquement dĂ©corĂ©, on tombe sur une grande cour bordĂ©e de portiques d’un cĂŽtĂ©, de piĂšces (vides aujourd’hui) de l’autre, avec une mosquĂ©e au milieu. Tout au fond, derriĂšre un deuxiĂšme portail sculptĂ©, il y a un deuxiĂšme hall, mais couvert, utilisĂ© pendant l’hiver.

Ces Ă©difices sont retrouvĂ©s le long de la route de la soie. En effet, jusqu’au 7e siĂšcle, seule la Chine possĂ©dait le secret de la fabrication de la soie, et l’exportation de la production se faisait Ă  dos de chameau via ces fameuses routes de la soie, notamment au travers de l’Himalaya, la Perse, la Turquie. Bivouaquer avec toute cette marchandise Ă©tait trop dangereux, et les commerçants dormaient donc dans des sortes d’hĂŽtels immenses, capables d’hĂ©berger toute la caravane, y compris les animaux : ce sont les caravansĂ©rails. C’Ă©tait presque des petites villes fortifiĂ©es, on y trouvait un hammam, la mosquĂ©e, des Ă©curies, des boutiques, des entrepĂŽts, …. La nuit, les portes Ă©taient fermĂ©es et des gardes Ă©taient chargĂ©s d’assurer la protection de la caravane des pillards. La caravane pouvait s’arrĂȘter, ĂȘtre hĂ©bergĂ©e et nourrie gratuitement pendant 3 jours.

On trouvait ces édifices à peu prÚs tous les 35 km, correspondant à la distance effectuée quotidiennement par les chameaux.

Avec toutes ces aventures, il est dĂ©jĂ  tard lorsque nous prenons la route. Et elle est la mĂȘme qu’hier : toute droite, toute plate. Autant dire qu’on est peu motivĂ©. Nous faisons donc une petite Ă©tape, 45 km, jusqu’à Aksaray.

AprĂšs avoir posĂ© Steven Ă  l’hĂŽtel, nous allons nous promener dans la ville. Il nous faut quasiment 30 minutes avant de trouver LA rue animĂ©e ! Incroyable comme tout est concentrĂ© et tout est mort ailleurs ! Le resto oĂč nous allons s’avĂšre ĂȘtre tenu par un couple franco-turc super sympa, Marine et Fatih, on est bien content ! Ils sont un tout petit peu plus vieux que nous, ça nous fait plaisir de parler un peu français, ils nous offrent thĂ© et cafĂ©, et nous nous rĂ©galons avec deux pizzas (bon par contre toujours pas de biĂšre) !

Au matin, le petit-dĂ©jeuner de l’hĂŽtel est un buffet pantagruĂ©lique !! On ne sait pas oĂč donner de la tĂȘte, et en plus, il n’y a pas que les Ă©ternels concombres tomates fromage, il y a aussi de bonnes confitures, et du gĂąteau marbrĂ© maison !! Ca ne semble pas extraordinaire en temps normal mais lĂ , qu’est-ce qu’on l’apprĂ©cie !!!

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Konya

Au petit matin, nous avons l’agrĂ©able surprise de prendre notre petit dĂšj au dernier Ă©tage de l’hĂŽtel de Seydisehir, d’oĂč la vue sur les environs est magnifique, avec par endroits de la brume. 

Nous nous lançons pour cette troisiÚme et derniÚre étape coriace, 95 km et 900 m de dénivelé pour atteindre Konya.

Les paysages sont toujours aussi sublimes, mais plus arides que les jours prĂ©cĂ©dents. On ne croise ni ne voit que trĂšs peu d’habitations.

Alors que nous nous arrĂȘtons pour casser la croĂ»te sur une mini aire au bord de la route (il y a trĂšs souvent une mosquĂ©e dans ces endroits, parfois en dur, parfois en tout petit prĂ©fabriquĂ©, c’est plutĂŽt rigolo), nous sommes rejoints par un routier, qui nous invite Ă  boire le thĂ©. Puis en arrive un 2e, avec exactement le mĂȘme camion : c’est son frĂšre, ils font la route ensemble. Ils ouvrent une espĂšce de coffre sur le cĂŽtĂ© du camion, en sortent des tabourets, et tout leur nĂ©cessaire de cuisine. Et c’est parti pour une omelette et des lĂ©gumes, qu’ils nous invitent Ă  partager avec eux. Trop sympa !!

A plusieurs reprises ils nous proposent de mettre Steven dans le camion et de nous emmener en Cappadoce puisque c’est aussi lĂ  qu’ils se rendent
 Mais on tient bon, nous continuerons Ă  coups de pĂ©dales !

AprĂšs cette belle rencontre, nous repartons de plus belle. Mais juste avant de partir, un autre monsieur descend de sa voiture et nous donne un tupperware rempli de feuilletĂ©s au fromage faits maisons ! DĂ©cidĂ©ment, quelle gĂ©nĂ©rositĂ© ces turcs ❀

Au fur et à mesure que la ville de Konya se rapproche, on voit une espùce de nuage. S’agit-il de poussiùre ou de pollution ? Probablement les deux !

La ville est immense, avec beaucoup de circulation, l’arrivĂ©e n’est pas Ă©vidente. On la traverse jusqu’à l’adresse de notre hĂŽtel : en plein centre, au milieu d’un immense marchĂ©/bazar, il y a plein d’agitation dans tous les sens. On se dit qu’on ne serait probablement jamais entrĂ© dans cet hĂŽtel si on Ă©tait passĂ© devant ^^ Mais au final, dĂšs qu’on y entre, c’est beaucoup plus calme, et plutĂŽt pas mal ! De notre chambre on a une super vue sur la mosquĂ©e Aziziye (bon ça sera moins super pour nos oreilles demain Ă  l’aube !).

Le temps de prendre une douche et de se reposer, nous voilĂ  prĂȘts pour partir Ă  la recherche d’un resto. Quelle surprise en sortant de l’hĂŽtel ! Il doit ĂȘtre 18h30, il fait nuit, et il n’y a plus un chat sur cette grande place animĂ©e, toutes les boutiques sont closes !! SacrĂ© changement d’ambiance ! On marche, on marche, et franchement, on ne trouve rien pour manger ou boire, et trĂšs peu de gens dans les rues ! Sensation plutĂŽt Ă©trange. Heureusement qu’on a boulottĂ© les feuilletĂ©s que nous a donnĂ© le monsieur plus tĂŽt dans la journĂ©e ! A force de s’éloigner de notre hĂŽtel, on finit par trouver un endroit oĂč des jeunes boivent le thĂ©, et on s’y installe. On se demande quand mĂȘme ce que font les gens le soir, oĂč est-ce qu’ils se retrouvent, s’il y a des espaces de convivialitĂ© ailleurs…

Le lendemain, nous arpentons les ruelles du marchĂ© qui est de nouveau vivant. On y trouve trĂšs probablement de tout (sauf un filtre Ă  eau bien sĂ»r ^^), des tuyaux d’arrosage, des motoculteurs, de la cĂ©ramique, des chaussures, des vĂȘtements, des cĂąbles Ă©lectriques 
 Nous traversons aussi un marchĂ© couvert rempli d’étals de fruits et lĂ©gumes.

Puis nous allons au musée Mevlana.

Mevlana est le surnom du poĂšte fondateur de l’ordre religieux musulman des derviches tourneurs (son vrai nom est DjalĂ€l al-DĂŻn al-RĂŒmĂŻ, Mevlana signifiant “notre maĂźtre”). La lĂ©gende dit que Mevlana, passant un jour dans le bazar oĂč l’on frappait l’or en cadence, se sentit soudain pris par le rythme, tandis qu’une violente Ă©motion s’emparait de lui. Il se mit alors Ă  tourner dans un mouvement d’élĂ©vation tant et tellement que, se rapprochant du ciel, il se sentit merveilleusement proche de dieu. Depuis, les derviches tourneurs utilisent la danse pour communier avec leur dieu.

On peut lire sur internet (puisqu’on en a pas vu nous-mĂȘmes !) : lors des cĂ©rĂ©monies, les derviches pivotent sur le pied gauche pendant plusieurs pĂ©riodes de 10 Ă  30 mn, les yeux clos, en demi-cercle et en 2 temps. Le premier symbolise la crĂ©ation (arc descendant provenant de Dieu) ; le second, lorsque le danseur tourne dans l’autre sens, la communion spirituelle (arc ascendant). Cette danse s’effectue avec la paume d’une main tournĂ©e vers le haut pour recevoir la parole de Dieu et l’autre tournĂ©e vers le bas pour la transmettre aux croyants. La tĂȘte est penchĂ©e vers l’épaule droite, ce qui maintient la circulation du sang centrifugĂ©e dans la partie supĂ©rieure du cerveau. Ces tournoiements, qui vont en s’accĂ©lĂ©rant au rythme envoĂ»tant des tambours, du ney (flĂ»te) et des chants soufis, induisent un Ă©tat de transe mystique chez les danseurs.

FondĂ© au 13e siĂšcle, cet ordre a quasiment disparu : avec l’instauration de l’État laĂŻque en 1924, interdisant les sectes et confrĂ©ries religieuses, les danses rituelles disparaissent peu Ă  peu.

Le musĂ©e Mevlana est situĂ© lui-mĂȘme dans un ancien couvent de l’ordre, construit au 13e siĂšcle, et contient, outre quelques objets liĂ©s aux derviches tourneurs, le mausolĂ©e de Mevlana et les tombeaux de ses disciples et membres de sa famille.

MĂȘme si cet ordre est aujourd’hui interdit, il semble toujours tenir une place importante dans la vie des turcs aujourd’hui. Ce lieu est presque un lieu de pĂšlerinage, et nous pouvons le constater lors de notre visite : de trĂšs nombreuses personnes se recueillent et prient devant le mausolĂ©e.

De notre cÎté on admire la beauté des ornementations autour du tombeau.

Nous poursuivons notre visite de la ville par la mosquĂ©e Aladdin, la plus vieille de la ville (construite en 1220 pendant la pĂ©riode seldjoukide). On ne sait pas vraiment comment ça marche pour visiter ces lieux sacrĂ©s, Ă©tant donnĂ© qu’il y a un espace rĂ©servĂ© aux femmes, mais tout petit et sans dĂ©coration (!!), alors que l’espace pour les hommes est bien plus beau en gĂ©nĂ©ral !! Dans tous les cas, le foulard est de mise.

Autour de la mosquĂ©e, nous nous promenons dans un bien beau parc qui surplombe la ville et doit ĂȘtre couvert de roses lorsque c’est la saison.

Nous enchaĂźnons avec une 2e mosquĂ©e, oĂč cette fois, seul Mathieu peut entrer (pour les femmes c’est une entrĂ©e diffĂ©rente et une mini salle sans intĂ©rĂȘt !). Le plafond est magnifique, recouvert de mosaĂŻques, ça semble ĂȘtre un rĂ©gal ! 

Nous terminons la journée par un kebab au poulet, et rentrons au bercail.

Le lendemain, on est pas super en forme
 DĂ©jĂ  Mathieu se sentait pas au top hier
 Bon bon bon, s’agit-il des feuilletĂ©s qu’on nous a offert sur la route, de fruits et lĂ©gumes mal lavĂ©s, d’autre chose ? On ne le saura pas, mais en tout cas, on dĂ©cide de rester une journĂ©e supplĂ©mentaire ici. Nous nous terrons dans notre chambre et enchaĂźnons les reportages Arte.

Aujourd’hui, c’est la fĂȘte nationale de la Turquie. On aurait bien eu la force et la curiosite de sortir le soir pour voir les festivitĂ©s, mais apparemment, il n’y a quasiment rien qui se passe Ă  Konya. Tant pis !

Le lendemain, c’est dĂ©cidĂ©, nous quittons Konya !

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Antalya -> Side (en passant par Aspendos)

Dernier rĂ©veil et petit dĂšj Ă  Antalya, et nous voici en route vers l’est ! La route ne monte pas aujourd’hui, par contre, la ville s’étend sur de bien longs kilomĂštres !! Autant la cĂŽte des jours prĂ©cĂ©dents Ă©tait ravissante, autant lĂ , c’est de l’urbanisation sans fin. On tombe mĂȘme sur des quartiers “Disneyland” du mĂȘme style que ceux de Kemer, voire pire ! Encore une profusion d’hĂŽtels tous plus grands les uns que les autres. A noter le Kremlin Palace, oui rien que ça, et le Venezia (dans sa version courte, son vrai nom Ă©tant “Venezia Palace Deluxe Resort Hotel” 🙄). 

Franchement ça continue de nous stupĂ©fier, de nous blaser. Au final, ça nous semble bien pire qu’à Las Vegas !

Nous faisons une pause le midi un peu Ă  l’écart de ces usines Ă  touristes, oĂč on nous sert un “petit-dĂ©jeuner” trop bon ! Disons que tous les jours, le petit dĂ©jeuner est constituĂ© de tomates, concombres, olives, fromage, pain. Mais lĂ , c’est gargantuesque, et avec en plus du miel et des confitures absolument dĂ©licieux !!

Nous voilĂ  requinquĂ©s pour aller visiter le site antique d’Aspendos, avec son magnifique théùtre trĂšs bien conservĂ©. D’ailleurs, des spectacles y ont lieu les soirs d’étĂ©, et on aurait bien aimĂ© assister Ă  l’un d’entre eux !

Et puis, l’heure tourne et nous avalons les 40 derniers kilomĂštres qui nous sĂ©parent de SidĂ©, oĂč nous avons trouvĂ© un hĂŽtel Ă  10 € (record battu !). Le coin est assez touristique aussi, et l’hĂŽtel bien grand, mais comme on est en fin de saison, il est vide ! Ce qui explique vraisemblablement un tel prix.

Nous nous promenons un peu dans la ville, qui est un vrai repĂšre a touristes. On pousse quand mĂȘme jusqu’au temple d’Apollon, mais le soleil est dĂ©jĂ  couchĂ© quand on y arrive !

Nous mangeons le soir dans un super resto, avec de bons mezze, du raki (style anisette) et des burgers avant de nous endormir comme des pierres !

Nous traĂźnons bien tard au lit le lendemain et profitons : journĂ©e off ! Quel plaisir de ne rien faire, de s’ennuyer mĂȘme ! Enfin, Mathieu a quand mĂȘme une activitĂ© bien notable : il va se faire couper les cheveux et la barbe !!! VoilĂ  qui le rajeunit d’au moins 10 ans đŸ˜±đŸ˜…

Le soir nous retournons au mĂȘme resto qu’hier et on se rĂ©gale Ă  nouveau.

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Retour Ă  Antalya en passant par Myre et Yanartas

Nous rebroussons donc notre chemin pour les trois prochains jours, en direction d’Antalya, avant de partir plus vers l’est de la Turquie.

C’est ainsi que nous retrouvons la fameuse cĂŽte Ă  15%, montĂ©e hier, qui nous promet une belle descente ! Sauf que 
 malheur ! Il semblerait qu’une telle pente soit trop pour notre Steven (enfin surtout lorsqu’il doit nous porter nous et notre chargement, soit 180 kg grosso modo), et le frein arriĂšre se met Ă  faire des bruits bien bizarres
 Jusqu’à ce que la roue arriĂšre ne tourne plus du tout ! đŸ˜± Un rapide diagnostic nous laisse penser que c’est notre disque arriĂšre qui a fondu ! et la matiĂšre fondue s’est coincĂ©e dans le frein, d’oĂč le blocage de la roue ! 

Bon bon bon, on remonte le vĂ©lo au plus fort de la pente, on passe la plus petite vitesse, et on force bien fort sur les pĂ©dales : bingo ! On arrive Ă  faire sauter l’espĂšce de “soudure”, la roue est de nouveau libre, et le frein fonctionne ! Incroyable ! On pensait bien qu’on allait pas pouvoir avancer beaucoup plus aujourd’hui, mais tout semble aller 🙂

On retient en tout cas qu’une telle pente n’est pas pour nous !

De retour Ă  Demre, nous faisons un crochet par le site antique de Myre (Mira en turc). Ici nous attend Ă  nouveau un trĂšs beau théùtre antique, ainsi qu’une nĂ©cropole troglodytique qui force l’admiration ! De nombreux bas-reliefs trĂšs bien prĂ©servĂ©s sont Ă©galement exposĂ©s.

C’est Ă  Demre aussi que serait nĂ©e la lĂ©gende de Saint Nicolas : un petit garçon nommĂ© Nicolas naquit dans la rĂ©gion de Patara au 3e siĂšcle aprĂšs JC. Devenu Ă©vĂȘque de la rĂ©gion, il utilisa l’immense hĂ©ritage lĂ©guĂ© par ses parents pour aider les plus pauvres. On raconte que, dans son village, un vieil homme n’avait pas de dot Ă  donner Ă  ses 3 ïŹlles. TrĂšs peinĂ©, Nicolas ïŹt alors tomber dans la cheminĂ©e du vieil homme 3 bourses pleines de piĂšces d’or, un soir de dĂ©cembre. C’est ainsi que serait nĂ©e la lĂ©gende du PĂšre NoĂ«l, quelque part en Turquie. C’est apparemment une des raisons qui explique le fort afflux de touristes orthodoxes (russes notamment) dans le coin.

Nous rejoignons Finike sans autre péripétie et retournons à notre super hÎtel favori.

Le lendemain, nous roulons tranquillement sous le soleil, les kilomĂštres passent plutĂŽt vite, nous sommes en forme. La vue qu’on connaĂźt dĂ©jĂ  est toujours aussi belle.

Nous bifurquons au niveau d’Ulupinar car nous voulons aller voir un site qu’on nous a conseillĂ© : Yanartas (roche enflammĂ©e en turc). La route descend un peu trop Ă  notre goĂ»t, non pas en termes de pente, mais surtout quand on pense qu’il faudra tout remonter le lendemain !

Elle se transforme ensuite en chemin de terre avec de gros cailloux, oĂč il nous faut souvent pousser le vĂ©lo. Il y a aussi plein de venues d’eau le long du chemin, nous en avons plein les pieds ! Mais nous commençons Ă  apercevoir ce pour quoi nous sommes venus 
 Nous sommes en contrebas du mont Chimeras, et cette montagne a des Ă©manations de gaz (mĂ©thane et dihydrogĂšne). On nous avait parlĂ© de feu, mais pour le moment, nous voyons Ă  deux reprises de l’eau jaillir du sol en gros bouillons ! Un jacuzzi naturel, malheureusement trop petit pour qu’on y entre, mais en tout cas, bien impressionnant ! Nous laissons le vĂ©lo en bas du mont et entreprenons son ascension Ă  pied, jusqu’à dĂ©boucher au col, et apercevoir ces fameux feux, tout droit sortis de terre. Wahou !! DrĂŽlement impressionnant Ă  voir tout ça (en faisant bien sĂ»r abstraction des nombreux touristes Ă©galement prĂ©sents).

Il est dit que ces Ă©manations de gaz sont actives depuis au moins 2500 ans, et qu’à l’AntiquitĂ©, les marins les utilisaient comme phare naturel pour naviguer.

Selon wikipédia :

L’origine des gaz est double (parts Ă©gales) :
– un gaz thermogĂ©nique provenant de la dĂ©composition de kĂ©rogĂšne de type 3 issu de roches sĂ©dimentaires riches en matiĂšre organique et d’Ăąge palĂ©ozoĂŻque et mĂ©sozoĂŻque ;
– un gaz produit par la serpentinisation (une rĂ©action mĂ©tamorphique) Ă  basse tempĂ©rature de l’ophiolite de Tekirova.
Le mĂ©thane n’est pas reliĂ© Ă  du relargage mantellique ou magmatique, ce qui exclut que le gaz soit liĂ© Ă  un phĂ©nomĂšne volcanique.

Pour les plus motivés, un article détaillé en anglais sur le sujet ici.

Nous profitons Ă©galement d’une magnifique vue sur les montagnes autour de nous.

A notre retour au vĂ©lo, nous installons notre campement et nous allumons un feu. On avait repĂ©rĂ© un endroit sympa mais il a Ă©tĂ© colonisĂ© par des randonneurs qui parcourent la voie lycienne en groupe, c’est presque l’usine ! Heureusement on s’est trouvĂ© un coin un peu Ă  l’écart.

On repense Ă  nos derniĂšres soirĂ©es en Estonie, oĂč le feu nous Ă©tait vital car on avait froid dĂšs qu’on s’en Ă©loignait ; lĂ  on est en tee-shirt tellement il fait chaud !

Nous nous levons assez tît le lendemain, refaisons un feu et repartons toujours en direction d’Antalya.

On passe devant le tĂ©lĂ©phĂ©rique qui monte au mont Tahtali Ă  plus de 2000 m. Le prix du billet, Ă  33€ l’unitĂ©, est assez dissuasif. Par contre, tout prĂšs d’Antalya se trouve un autre tĂ©lĂ©phĂ©rique, qui monte bien moins haut, mais qui ne coĂ»te que 3€ (exploitation publique VS privĂ©e !) ! Ni une ni deux nous embarquons et arrivons au mont TĂŒnektepe Ă  600 m (ha c’est si facile et si doux de monter comme ça par rapport au vĂ©lo !), d’oĂč nous surplombons le sud de la ville et avons un panorama sur les montagnes Ă  l’arriĂšre-plan. Bien cool cette petite pause.

Enfin nous retrouvons Antalya et son centre historique. Cette fois, nous avons trouvĂ© un hĂŽtel Ă  11€ la nuit ! On se demande bien sĂ»r si ça ne va pas ĂȘtre une arnaque, mais non ! La proprio vient de le rĂ©cupĂ©rer et est en train d’en refaire les chambres, d’oĂč le prix modique. Bon ben pour nous c’est parfait !

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D’Antalya Ă  la baie de Kekova

Cette fois ça y est ! Aujourd’hui nous quittons Antalya ! Si nous voulons aller voir la Cappadoce, nous commençons d’abord par faire un petit tour vers l’ouest, oĂč il semble y avoir de beaux paysages et sites antiques Ă  voir. 

Nous pĂ©dalons sous un beau soleil, le long d’une bonne grosse route. Serait-ce une autoroute ? Pas d’inquiĂ©tude, tous les cyclotouristes passĂ©s en Turquie le confirment, il y a souvent des passages le long de l’autoroute ou de grosses nationales. Heureusement la bande d’arrĂȘt d’urgence est souvent bien large, et la vitesse est moins Ă©levĂ©e que par chez nous. Nous traversons aussi quelques tunnels
 j’en ai bien visitĂ© quelques-uns Ă  pied avec le travail, mais par contre traverser Ă  vĂ©lo un tunnel en circulation, ça jamais !

La cĂŽte aprĂšs Antalya est vraiment surprenante. On ne croise que des Ă©normes complexes hĂŽteliers de malade, avec des noms tous plus m’as-tu vu les uns que les autres (“luxury life hotel”, “Nirvana” 
), probablement de ces trucs all inclusive oĂč les gens n’en sortent pas pendant 2 semaines puis se targuent ensuite d’avoir Ă©tĂ© en Turquie. On est franchement choquĂ©s, ça nous fait penser Ă  Las Vegas, mais presque en pire !! Heureusement il reste le paysage pour nous rĂ©galer.

Vers 18h, nous nous arrĂȘtons Ă  un resto au bord de la route, perdu au milieu de nulle part. Nous y remplissons notre estomac, et buvons plusieurs thĂ©s (c’est vraiment une institution ici, on nous en sert en permanence !). Nous avons vu avec le serveur et nous allons planter la tente derriĂšre son resto. Parfait ! (Bon en fait il n’avait pas compris ce qu’on lui avait demandĂ© ^^ Mais finalement aprĂšs avoir rĂ©itĂ©rĂ© notre demande, c’est ok !)

Nous sommes donc attablĂ©s Ă  son resto pour Ă©crire ces quelques lignes. Bien installĂ©s certes, mais il faut qu’on dĂ©campe : le serveur vient de nous offrir notre 5e verre de thĂ©, on ne va pas pouvoir fermer l’oeil de la nuit !!!!

Nous quittons notre campement tĂŽt le matin, et c’est parti pour de la descente ! Les cheveux au vent, on fonce en direction du village de Cirali, au bord de la mer. D’ici, nous devons passer par la plage sur un kilomĂštre (avancĂ©e trĂšs difficile !) pour atteindre le site antique d’Olympos. Nous y dĂ©couvrons les vestiges d’une grande ville antique, c’est toujours aussi beau ! 

Et puis il nous faut avancer car on va mourir de chaud dans la montĂ©e sinon
 Celle-ci s’avĂšre bien raide et tuante. Il y a mĂȘme un homme en fourgonnette qui s’arrĂȘte Ă  notre hauteur pour nous donner deux clĂ©mentines et deux biscuits ^^ Trop sympa !

La vue en vaut la peine, et nous redĂ©valons tout ce que nous avons montĂ© juste aprĂšs, jusqu’à la plage de Kumluca, oĂč avant toute chose, nous piquons une tĂȘte dans l’eau ! Quel rafraĂźchissement 🙂 L’eau est trop bonne, ça nous fait grandement du bien. On est ensuite prĂȘt pour casser la croĂ»te et repartir de plus belle.

Nous atteignons Finike en fin d’aprĂšs-midi juste avant le coucher de soleil. La chambre que nous y avons rĂ©servĂ© s’avĂšre ĂȘtre un appart entier, avec deux chambres, un salon-cuisine et deux salles de bain !! Plus grand que chez nous Ă  Suresnes pour la modique somme de 16€ ^^ Nous sommes super bien installĂ©s, il n’y a pas un bruit, nous nous y reposons parfaitement !

Fun fact : Ă  notre arrivĂ©e, le propriĂ©taire nous a gentiment – mais fermement – demandĂ© de toujours nous dĂ©chausser avant d’entrer dans notre appart !

Nous quittons notre appart de luxe aprĂšs un petit dĂ©jeuner buffet plantureux. Il fait dĂ©jĂ  bien chaud et notre route est peu ombragĂ©e. On longe le bord de mer dans un premier temps, avant d’entamer une nouvelle ascension. Nous suivons une route qui tournicote, Ă©pousant les reliefs. A chaque fois nous voyons au loin la saignĂ©e de la route dans les falaises, ce qui nous permet de nous prĂ©parer mentalement aux futures montĂ©es ^^

Nous sommes encouragĂ©s par quelques klaxons des gens qui nous doublent. C’est rigolo quand c’est des petites voitures, mais quand c’est les camions, c’est tellement puissant que ça nous fait sursauter !

Nous arrivons Ă  Demre oĂč nous nous prĂ©cipitons Ă  la plage. Nous nous dĂ©pĂȘchons de nous immerger et de nous rafraĂźchir. Ça fait un bien fou ! La plage est dĂ©serte, il y a de grosses vagues, on est bien. Nous mangeons Ă  deux pas de lĂ , face Ă  la mer, et comme hier, nous avons presque frais Ă  l’ombre avec le vent.

Il faut malgrĂ© tout s’arracher Ă  cette envie de sieste qui nous pend au nez, et nous repartons de plus belle, ça monte encore ! Notre objectif, la baie de Kekova, semble bien difficile d’accĂšs. A chaque col on pense que c’est le dernier, mais il y en a toujours un autre qui se cache derriĂšre ! Une portion Ă  15 % a raison de nous et nous devons pousser Steven. 

Nous arrivons enfin au village de Uçagiz et fĂȘtons ça avec deux glaces… chacun ! Le village est coincĂ© dans les rochers, pas de plage par ici, ni d’endroit pour camper


On poursuit alors un peu plus loin, jusqu’à atteindre la presqu’Ăźle de Kalekoy, surplombĂ©e de sa citadelle byzantine. C’est dĂ©cidĂ©, nous camperons en bas. Pour le moment, nous nous hĂątons au sommet, afin de profiter du coucher de soleil sur ce beau paysage.

Nous redescendons avant qu’il fasse nuit noire, et installons notre campement. Alors qu’on faisait chauffer les pĂątes, on se met Ă  entendre des grognements bizarres. Aie Aie Aie, voilĂ  quelque chose qui semble ĂȘtre un sanglier 😹 Finalement il semble ne faire que passer alors ça va.

Monter le son pour plus d’immersion ^^

Nous nous couchons un peu plus tard, mais dormons assez mal. Entre les cris d’oiseaux bien lugubres (rapaces??? bizarre), des chats qui rĂŽdent autour de la tente et font craquer les brindilles, et le sanglier qui revient, difficile de se dĂ©tendre !!

GrĂące Ă  ce dernier (le sanglier !), nous sommes rĂ©veillĂ©s bien tĂŽt ! Nous rangeons vite nos affaires et repartons dans le petit village au bout de la presqu’üle, pour un bon cafĂ©. Nous y dĂ©couvrons une tombe semi immergĂ©e dans la mer peu profonde, bleue turquoise. PlutĂŽt pas mal đŸ€©

Puis nous trouvons un capitaine de bateau qui veut bien nous emmener voir les ruines immergĂ©es des villages antiques du coin. En effet, le Routard semble dire que c’est immanquable ! Nous embarquons donc, nous deux avec le capitaine et voguons jusqu’à l’üle de Kekova (oui en fait la baie dans laquelle on se trouve porte le nom de cette Ăźle, aujourd’hui inhabitĂ©e). C’est super agrĂ©able, il fait frais, les paysages sont magnifiques, le bleu de la mer continue de nous Ă©merveiller. Par contre, pour les fameuses ruines, c’est un peu dĂ©cevant. Je crois qu’on s’attendait Ă  voir un truc de fou, genre Atlantide quoi. Bon autant dire que c’est bien moins spectaculaire 😅

Nous voyons quelques murs, des escaliers, parfois sous l’eau, et deux anciens ports complĂštement submergĂ©s. Comme notre capitaine ne parle pas un mot d’anglais, nous restons dans l’ignorance de savoir pourquoi c’est immergĂ© !

Quelques recherches sur internet nous apprennent qu’un tremblement de terre survenu au IIe siĂšcle a entraĂźnĂ© un affaissement des sols et la destruction partielle des villages alentour. Certaines de ces villes auraient ensuite Ă©tĂ© reconstruites Ă  l’ùre byzantine, puis abandonnĂ©es lors des incursions arabes dans la rĂ©gion.

Nous faisons aussi une petite pause dans une crique pour nager dans les eaux limpides, avant de regagner notre point de dĂ©part, le village de Kalekoy. Ah oui, et tout le long de la traversĂ©e, nous avons eu du thĂ© et des gĂąteaux, pour notre plus grand plaisir 🙂

AprĂšs cette belle escapade, il est l’heure de retrouver Steven, qui nous a attendu de l’autre cĂŽtĂ© de la colline, et de reprendre la route en direction de Finike. En effet, nous rebroussons chemin pour les trois prochains jours, en direction d’Antalya, avant de partir plus vers l’est.

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Turquie

Antalya

Les deux jours suivants sont consacrĂ©s Ă  des activitĂ©s fort peu intĂ©ressantes mais malgrĂ© tout nĂ©cessaires : dĂ©ballage et remontage de Steven (il semble en bon Ă©tat on est soulagĂ©s !), recherche d’une carte sim pour avoir de quoi tĂ©lĂ©phoner et consulter internet. Cette activitĂ© nous prend des heures !! On ne trouve pas de supermarchĂ© qui en vendent, puis les opĂ©rateurs tĂ©lĂ©phoniques nous font des prix exorbitants, sous prĂ©texte que des Ă©trangers ne peuvent pas avoir les cartes classiques des citoyens turcs… On a enfin trouvĂ© un bon deal, mais il faut nos passeports pour ouvrir le dossier. Bien sĂ»r on ne les a pas avec nous. Alors on revient plus tard, et ensuite il y a des tas de papier Ă  remplir, et le vendeur fait poireauter Mathieu bien 20 minutes, pour lui annoncer Ă  la toute fin de la dĂ©marche que la sim ne sera opĂ©rationnelle que sous une semaine ! Nous voilĂ  donc repartis de zĂ©ro pour retrouver un autre vendeur
 Passionnant quoi.

Nous nous promenons aussi le long de la mer vers l’est, bordĂ©e de hautes falaises ponctuĂ©es d’une grosse cascade. Le paysage est assez impressionnant : la mer bien bleue, les falaises, d’énormes montagnes (on ne s’y attendait pas !! ça va faire du dĂ©nivelĂ© Ă  vĂ©lo dĂšs le dĂ©but !), et l’hyper-urbanisation ambiante.

Ce n’est que le 3e jour que nous changeons d’hĂŽtel et nous rapprochons du centre ville. LĂ  encore, une bonne partie de notre journĂ©e est consacrĂ©e Ă  la recherche d’un filtre Ă  eau (on aurait pu y penser avant mais bon ^^). Nous allons de magasin de sport en magasin de sport, ya pas moyen, on n’en trouve pas. On nous rĂ©pond assez souvent : non mais l’eau est tout Ă  fait potable ici !! Oui oui 
 Pas pour nous en tout cas.

On finit par abandonner, pour enfin aller se balader dans le vieux centre. Nous dĂ©couvrons les diffĂ©rents bazars, les ruelles Ă©troites bordĂ©es de maisons avec l’étage qui s’avance sur la rue, des milliers de chats et de chiens, le port
 PlutĂŽt agrĂ©able de flĂąner par ici.

Quel changement par rapport aux derniers jours passĂ©s en Europe du nord (mĂ©tĂ©o, nourriture, paysages, gens…). En effet, tout au long des derniers mois, les diffĂ©rences culturelles ont Ă©voluĂ© en douceur puisque nous parcourions tous les kilomĂštres les uns aprĂšs les autres Ă  vĂ©lo. Le fait d’avoir pris cet avion nous fait l’effet d’une transition bien brutale. M’enfin bon, on l’a voulu (et on ne le regrette pas quand mĂȘme 😉) !

Nous faisons aussi un petit tour au musĂ©e archĂ©ologique de la ville, oĂč sont exposĂ©s des milliers d’objets dont les plus anciens datent de la prĂ©histoire, et des milliers de statues et tombeaux, provenant des nombreux sites antiques alentours.

La seule ombre au tableau, c’est que j’ai rĂ©ussi Ă  chopper la crĂšve pile quand on arrive dans un pays chaud. Ya vraiment pas de logique !! Un peu absurde d’avoir le rhume par 25° mais bon, il faut prendre son mal en patience.

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Estonie Finlande

De Lahti Ă  Helsinki puis Tallinn Ă  nouveau !

Nous suivons la vieille route qui mĂšne Ă  Helsinki. Elle est assez droite, bien vallonnĂ©e, et malgrĂ© la prĂ©sence d’une autoroute pas loin, elle reste trĂšs frĂ©quentĂ©e. A cela s’ajoute un bon vent de face, bref, la journĂ©e de pĂ©dalage est assez laborieuse, voire poussive !! Incroyable comme les kilomĂštres passent doucement aujourd’hui.

Nous atteignons pĂ©niblement le lac qu’on s’était donnĂ© pour cible, et trouvons un chemin de terre qui mĂšne Ă  son bord. Au bout, deux petites maisonnettes en bois rouge, qui semblent dĂ©sertes. Probablement des “summer cottages” comme ils aiment Ă  les appeler ici. AprĂšs une courte hĂ©sitation, nous nous y installons, dĂ©crĂ©tant que les propriĂ©taires ne dĂ©barqueront pas dans la soirĂ©e. Du coup, c’est parfait pour nous, une herbe rase pour poser la tente, un ponton pour accĂ©der au lac (nous y faisons une baignade plus qu’express histoire de se laver un peu – c’est glacial), et le must, une terrasse abritĂ©e avec tables et chaises oĂč nous nous installons. Bref, ce soir, c’est comme Ă  la maison !

Le froid la fatigue et la nuit nous mĂšnent au lit Ă  20h30, comme les poules !

Nous nous rĂ©veillons avec les cancannements (?) des bernaches nonettes, qui forment de nouveau d’énormes nuages hypnotisants. La mĂ©tĂ©o est aussi mauvaise qu’hier, avec en plus une couverture de brume sur le lac. Brrr !!!

Nous quittons la maisonnette (on aurait presque envie d’écrire un mot aux propriĂ©taires pour les remercier de leur hospitalitĂ© 😅) et nous dirigeons vers Helsinki.

Peu Ă  peu le paysage se transforme et nous arrivons dans les banlieues, garnies d’immeubles bien designs. 

Nous allons rester deux nuits dans cette ville grĂące Ă  Kaisa et Christoffer, qui nous ont mis en contact avec Sari et Peik (Peik Ă©tant le frĂšre de Christoffer) : ils vont nous hĂ©berger chez eux ! Quelle chance on a ! Ils vivent Ă  Helsinki avec leurs trois enfants, sur l’üle Kulosaari, dans une belle maison en bois bleue. Nous passons une bonne soirĂ©e ensemble, autour de burritos vĂ©gĂ©tariens-vegans. 

C’est royal, nous avons pour nous chambre et salle de bain, avec d’ailleurs une drîle de compagnie dans la chambre : une moto rouge !

Nous visitons le musĂ©e d’art Amos Rex, qui prĂ©sente une exposition temporaire avec les oeuvres de Bill Viola. Ce sont principalement des vidĂ©os longues, qui tournent souvent autour des thĂšmes de la mort, l’eau. A mi-parcours, on apprend que l’artiste a vĂ©cu une noyade en Ă©tant enfant et a failli mourir. On comprend mieux la rĂ©currence de ces thĂšmes du coup.

Le descriptif détaillé des oeuvres est ici.

Le musée possÚde aussi en exposition permanente les tableaux post-impressioniste de la collection de Sigurd Frosterus.

Nous nous promenons ensuite dans le coin, le temps de s’extasier devant la laideur de la gare et du parlement, et devant la beautĂ© de la bibliothĂšque. Celle-ci nous laisse bĂ©ats d’admiration : non seulement l’extĂ©rieur en jette, beau design, terrasse panoramique, mais l’intĂ©rieur est simplement incroyable : outre les traditionnels rayons de livres et salles de lecture, on y trouve des studios de musique parfaitement Ă©quipĂ©s, un laboratoire avec des machines pour outiller des piĂšces, des imprimantes 3D, des machines Ă  coudre… Tout le nĂ©cessaire pour concrĂ©tiser des projets, de quoi faire pĂąlir d’envie Mathieu (et aussi bien sĂ»r, de quoi se demander pourquoi on a pas de telles infrastructures chez nous).

Nous partons ensuite pour une expĂ©rience typique finnoise : le sauna ! On nous a conseillĂ© le Sompasauna (quelques photos et infos sur ce site), un sauna alternatif paraĂźt-il. On traverse une espĂšce de friche industrielle Ă  moitiĂ© en travaux, la nuit tombe, on se demande oĂč on va. DĂ©bouche sur 4-5 cabanes en bois, et des gens Ă  moitiĂ© voire tout nus (il fait froid !). On teste donc ces fameux saunas chauffĂ©s au bois (parfois faire la queue pour entrer). Un gars remet systĂ©matiquement de l’eau sur les pierres, ça chauffe !!! Et ici, pas 2 Ă©tages, tout le monde assis en haut ! On sue Ă  grosses gouttes. On change de cabane et ensuite, on va comme les autochtones, faire un bain dans la mer (Ă  10 m). MalgrĂ© la chaleur, ça pĂšle !!!!! On se sent bien aprĂšs.

Retour à la maison pour une deuxiÚme soirée en compagnie de la famille de Sari et Peik. Un grand merci à eux pour nous avoir accueilli !

Tandis que la famille s’est levĂ©e de bonne heure pour aller Ă  l’école et au travail, nous bullons tranquillement, jusqu’à ce que l’heure de notre ferry arrive. Nous repartons en effet pour Tallinn aujourd’hui. Le ferry est aussi gros que la derniĂšre fois, et toujours rempli de camionneurs. On comprend toujours pas pourquoi ils font monter les vĂ©los (enfin, disons plutĂŽt le vĂ©lo puisqu’on est seul) au milieu des camions et non pas avec les voitures ! 

La mer est plus agitĂ©e qu’à l’aller, ça tangue pas mal.

A notre arrivĂ©e, nous filons tels de vĂ©ritables connaisseurs vers le centre de Tallinn, Ă  l’auberge que nous avons rĂ©servĂ©e (une autre que celle des jours prĂ©cĂ©dents).

Nous y rencontrons Eduardo, un italien d’à peu prĂšs notre Ăąge, qui voyage aussi en Europe en ce moment. Il a un bus pour Vilnius ce soir Ă  22h30, et en attendant, nous allons manger un bout et boire un coup tous ensemble. Nous passons une soirĂ©e bien sympathique en sa compagnie 🙂

Le rĂ©veil sonne Ă  8h ce matin pour la journĂ©e marathon qui commence : dĂ©part pour la Turquie ce soir ! 

Une fois le petit-dĂšj fini, nous quittons dĂ©jĂ  l’auberge, en direction du magasin de vĂ©lo le plus proche : la prĂ©paration de Stevens pour l’avion inclut de dĂ©monter les pĂ©dales et on arrive pas Ă  desserrer les nĂŽtres avec nos petits outils ! En deux minutes chrono, le technicien nous desserre ça, et nous pouvons enchainer avec un passage Ă  la poste, pour envoyer quelques cartes.

Nous voici en route vers le magasin de cartons et emballages que nous avions repĂ©rĂ© la semaine derniĂšre. Nous y achetons gros scotch et papier bulles, et c’est parti. On enlĂšve les pĂ©dales, les guidons, les selles, les chaines, on protĂšge le tout comme on peut, on scotche au cadre et on finit par enrubanner totalement Steven par du papier avec des Ă©normes bulles.

Une fois qu’on est satisfait, il nous faut maintenant nous diriger vers l’arrĂȘt de bus le plus proche, avec cet Ă©norme paquet, ainsi que nos sacoches ! Nous faisons 100 m par 100 m, un coup portant le vĂ©lo, un coup portant les sacoches. C’est laborieux, mais on y arrive ! Deux bus plus tard, nous sommes dĂ©jĂ  Ă  l’aĂ©roport.

Le check-in se passe sans encombre, nous sommes presque surpris de voir Ă  quel point les opĂ©rateurs ne regardent mĂȘme pas la tĂȘte de notre bagage oversized !! Nous le dĂ©posons au guichet, et le regardons Ă  contrecoeur s’éloigner de nous. On croise les doigts pour qu’il soit bien traitĂ© !

Plus tard, lorsque nous attendons à la porte d’embarquement, nous le revoyons à nouveau, directement sur le tarmac. Nous observons en direct son chargement sur le tapis roulant et sa disparition dans la soute de l’avion. C’est parti !!

Les 3h30 du vol passent assez vite et nous atterrissons dĂ©jĂ . Comme c’est agrĂ©able de sortir de l’avion et de sentir cet air chaud sur nos peaux !! Il doit faire encore 23° alors qu’il est presque minuit. Fini la caillade !! Du moins pour un temps.

Nous assistons aussi au dĂ©barquement de Steven en direct, avec moins de finesse qu’à l’aller, et horreur !! Nous voyons l’opĂ©rateur le mettre Ă  plat au fond de son chariot et le recouvrir de bagages đŸ˜±đŸ˜±đŸ˜±

Nous passons la douane et rĂ©cupĂ©rons nos bagages en un temps record, et sortons de l’aĂ©roport Ă  la recherche d’un taxi qui accepterait notre gros colis. En cinq minutes, c’est chose faite et nous voilĂ  en route pour notre hĂŽtel en pĂ©riphĂ©rie d’Antalya.

Quelle journée excitante et éprouvante !!

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Finlande

De Porvoo Ă  Lahti

Kaisa et Christoffer doivent partir tĂŽt ce matin (Kaisa donne un cours une fois par mois Ă  200 km de lĂ , et c’est aujourd’hui ; ils n’ont qu’une voiture, alors elle pose d’abord Christoffer Ă  son universitĂ©, Ă  Lahti Ă  80 km de lĂ  (sacrĂ©es distances !)). Ainsi, aprĂšs un bon petit dĂšj, nous voilĂ  prĂȘts Ă  partir Ă  7h. Le soleil n’est pas encore levĂ©, et le temps que nous traversons la vieille ville, nous voilĂ  Ă©blouis par de superbes lumiĂšres rosĂ©es et orangĂ©es au-dessus de nos tĂȘtes : on s’en met plein les yeux. 

Nous prenons nous aussi la direction de Lahti, comme nous l’a conseillĂ© Christoffer. Et nous ne sommes pas déçus : quelle belle route !

Peu de circulation, des collines, des serpentins au travers des arbres dorĂ©s, on poursuit dans la lancĂ©e d’hier en faisant des centaines de photos (oups !). Et puis l’avantage quand on part si tĂŽt, c’est qu’on avance beaucoup !

Nous faisons une pause Ă  Askola, pour se promener un peu dans la forĂȘt et aller voir les “potholes”. Nous n’avions pas idĂ©e de ce qui nous attendait, nous avons juste vu des panneaux qui semblaient indiquer un point d’intĂ©rĂȘt. Du coup, nous tombons sur des trous cylindriques dans le granite remplis d’eau, qui auraient Ă©tĂ© formĂ©s Ă  la fin de la derniĂšre Ăšre glaciaire il y a plus de 10 000 ans. Les recherches rĂ©alisĂ©es jusqu’à prĂ©sent conduisent Ă  penser que l’origine de ces trous remonte Ă  la formation de moulins glaciaires (crevasses verticales au travers du glacier, par lesquelles s’engouffre le torrent glaciaire). La circulation du torrent glaciaire ainsi que des blocs de roche agrandit ces crevasses au fil du temps, jusqu’à ce qu’elles traversent le glacier sur la totalitĂ© de son Ă©paisseur. Le processus continue, mais cette fois en creusant un puits au travers de la roche sous-jacente.

Plus d’infos ici !

Lorsqu’on s’arrĂȘte manger le midi, on a dĂ©jĂ  fait 60 km. Et c’est tant mieux car le temps se gĂąte et la pluie se met Ă  tomber
 Ça change pas mal la donne, aprĂšs ça, fini les photos et on arrive vite Ă  notre destination, Lahti. Ville plutĂŽt moche il faut le dire, mais on s’en fout, on a qu’une idĂ©e en tĂȘte : rejoindre la chambre qu’on a rĂ©servĂ©, se doucher et dormir. On est crevĂ© !

Le lendemain, le temps n’est toujours pas trĂšs engageant. Nous nous arrĂȘtons pour prendre la pose (de kĂ©kĂ©s !) devant le panneau Lahti, avant de longer un peu le lac.

Nous n’avons pas le temps d’explorer bien loin cette rĂ©gion couverte de lacs. Heureusement, la grisaille et l’humiditĂ© ambiantes ne nous le font pas trop regretter.

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Finlande

De Tallinn Ă  Helsinki et Porvoo

Nous quittons notre auberge de bonne heure, en direction du port. Il fait un temps de merde, et nous devons attendre sous la pluie pour embarquer. La loose ! Nous voyageons sur le Finlandia, gros ferry rempli d’une multitude de camions, au milieu desquels se trouve un tandem qui paraüt tout petit en comparaison !

Nous débarquons à Helsinki sous la pluie, ce qui rend, comme toujours, cette ville peu accueillante ! Nous allons au marché central pour trouver à manger et nous heurtons vite aux prix finlandais !

Nous nous promenons vers la cathĂ©drale luthĂ©rienne, que nous trouvons plutĂŽt belle de l’extĂ©rieur. Par contre nous dĂ©chantons quand nous y entrons, elle est presque vide de l’intĂ©rieur, sans intĂ©rĂȘt !

Nous allons ensuite visiter un musĂ©e qui prĂ©sente la vie Ă  Helsinki depuis la fin du 19e siĂšcle. Il y a notamment une exposition sur les anciens saunas publics aujourd’hui disparus mais largement rĂ©pandus auparavant. En effet, beaucoup de gens n’avaient pas de salle de bain chez eux, et venaient se faire laver au sauna public. Parfois on donnait Ă©galement naissance dans ces saunas car c’Ă©tait plus hygiĂ©nique qu’Ă  la maison.

Aujourd’hui, ils ont quasiment disparus (du moins dans ces formats oĂč on venait s’y faire laver), et la plupart des maisons, immeubles, bĂątiments d’entreprise sont construits directement avec un sauna.

Un petit coup d’oeil Ă  la cathĂ©drale orthodoxe Uspenski (en rĂ©novation donc visite impossible) et nous nous dirigeons ensuite chez Boris, rencontrĂ© via Warmshower.

Nous ne savons pas trop Ă  quoi nous attendre car il n’a pas du tout Ă©tĂ© loquace lors de nos Ă©changes : Ă  notre demande d’hĂ©bergement, il a juste rĂ©pondu “yep” ! Puis plus tard il nous a envoyĂ© des photos (sans texte) pour trouver les clĂ©s lĂ  oĂč il les a cachĂ©es, un peu comme un jeu de piste.

Bon, tout va bien, nous trouvons les clĂ©s sans encombre, et le rencontrons donc Ă  notre arrivĂ©e dans son petit studio. Il nous indique direct qu’on peut dormir dans le lit, et quand on s’étonne et lui dit que non bien sĂ»r qu’il garde son lit, il nous rĂ©pond qu’il ne dort pas lĂ . Et part quelques minutes aprĂšs, tout en nous ayant prĂ©venu : il repassera demain matin vers 8h prendre unc afĂ© avant d’aller au travail. Etrange !!! Alors bien sĂ»r notre imagination dĂ©bordante se met en marche et on essaie d’analyser notre environnement (on aurait presque l’impression que l’appart n’est pas vraiment habitĂ©, ou en tout cas assez impersonnel), on se fait pleins de films sur sa vie, tous plus farfelus les uns que les autres !

Bon en tout cas, nous dormons bien ce soir !

Comme prĂ©vu, Boris repasse par l’appart le lendemain vers 8h, nous fait un cafĂ©, et repart. Nous n’aurons pas rĂ©ussi Ă  Ă©lucider ce mystĂšre et pouvons donc continuer Ă  fabuler sur ce personnage !!

Nous quittons Helsinki ce matin, il fait grand beau, nous voulons en profiter (car selon la mĂ©tĂ©o, ça ne devrait pas durer) pour voir la campagne ! En bordure de la ville, nous traversons quelques petites Ăźles avec des maisons incroyables (design, luxe, vue sur la mer 
), notamment toute une zone oĂč il semble y avoir des ambassades, des rĂ©sidences de diplomates. D’ailleurs on dirait presque que l’ambassade de l’Irak est un temple oriental !

Tout au long de la journĂ©e, nous ne savons pas oĂč donner de la tĂȘte et nous Ă©merveillons sans cesse devant la beautĂ© du paysage.

Nous pique niquons au bord de la mer, il nous faut mĂȘme mettre de la crĂšme solaire pour la premiĂšre fois depuis longtemps !

Nous voyons Ă©normĂ©ment d’oiseaux (des bernaches nonettes semble-t-il), qui ressemblent Ă  des oies sauvages et volent en V. On se demande bien sĂ»r si c’est la migration qui a commencĂ©, mais leur direction semble varier, donc on pencherait plus sur la prĂ©paration de la migration, lorsqu’elles se regroupent. Il y en a des milliers, c’est impressionnant.

Nous posons le vĂ©lo un instant pour monter au sommet de Tornberget et nous rĂ©galer devant la vue qui s’offre Ă  nous.

Nous arrivons dans la petite ville de Porvoo, oĂč nous nous calons dans un salon de thĂ© absolument charmant et nous rĂ©galons avec la “Runeberg torte”, une pĂątisserie nommĂ©e en l’honneur du poĂšte Runeberg (dont nous n’avons jamais entendu parler ^^).

AprĂšs avoir dĂ©ambulĂ© un peu dans les ruelles pavĂ©es et bordĂ©es d’anciennes maisons de pĂȘcheurs toutes en bois peint (trop beau), nous nous rendons chez Kaisa et Christoffer, rencontrĂ©s grĂące Ă  Warmshower. Ils habitent une belle maison en bois jaune claire, bien chaleureuse. Dans le salon trĂŽne un piano Ă  queue et une immense bibliothĂšque. Nous dormons en haut, oĂč ils ont amĂ©nagĂ© leur bureau en une unique et grande piĂšce, vĂ©ritable salle aux trĂ©sors : des cartes postales anciennes, des posters, des souvenirs de voyages, une hĂ©lice d’avion, des objets chinĂ©s, on ne sait pas oĂč donner de la tĂȘte et chaque recoin semble garni de pĂ©pites.

Aux toilettes, on tombe sur une “portrait gallery”, les murs sont couverts de cadres avec de vieilles photos de famille, d’école, 


Kaisa et Christoffer sont respectivement autrice de bande dessinĂ©e et graphic designer, et ils font des BD ensemble, notamment sur leurs voyages Ă  vĂ©lo. Ils nous montrent Ă©galement des photos de leur traversĂ©e de l’Alaska Ă  vĂ©lo, et de leurs voyages en kayak en Finlande. Impressionnant ! Et aussi trĂšs drĂŽle de lire leurs BD, oĂč nous lisons des scĂšnes bien semblables Ă  celles que nous avons vĂ©cues.

Nous mangeons un délicieux repas plein de saveurs on se régale.

Nous sommes ravis de cette rencontre avec eux, qui est trĂšs inspirante et en totale opposition avec la prĂ©cĂ©dente ! Un grand merci Ă  eux deux 😁